Solaire & autoconsommation · Analyse approfondie

Rentabilité des panneaux solaires après la réforme de l'arrêté S21

Prime supprimée et surplus à 1,1 c€/kWh : calculez le vrai retour d’une installation solaire de 3 ou 6 kWc après S21, grâce au pilotage.

13 min de lecture Mis à jour le La rédaction ÉlectricitéPasCher
Panneaux solaires et pilotage d’un lave-linge dans une maison de la Drôme.

Depuis le 5 juin 2026, le solaire résidentiel reste rentable dans certains cas, mais il ne l’est plus par défaut. La suppression de la prime à l’autoconsommation et la chute du tarif de rachat à 0,011 € HT/kWh transforment un projet photovoltaïque en projet d’optimisation de vos consommations de journée.

Avec une installation bien dimensionnée, des usages pilotés et un devis contenu, un 6 kWc peut encore retrouver son coût en une vingtaine d’années. Sans consommation significative au moment où les panneaux produisent, un 3 kWc comme un 6 kWc peuvent ne jamais s’amortir avant le remplacement de l’onduleur et la fin de vie économique de l’équipement.

Ce que la réforme S21 a réellement changé

L’arrêté S21 applicable aux nouvelles demandes depuis le 5 juin 2026 a supprimé la prime à l’autoconsommation. Il a aussi abaissé la rémunération du surplus injecté sur le réseau à 1,1 centime d’euro HT par kWh, soit 0,011 € HT/kWh, avec une indexation annoncée de 2 % par an.

Le changement le plus sévère concerne les installations de petite puissance : jusqu’à 9 kWc, la vente totale n’est plus le modèle soutenu. Le projet doit désormais être pensé pour l’autoconsommation avec vente du surplus inévitable.

Éléments du modèle économiqueSituation applicable depuis le 5 juin 2026Conséquence pratique
Prime à l’autoconsommation0 €Aucun apport immédiat pour réduire le prix de l’installation
Vente du surplus0,011 € HT/kWhExporter beaucoup d’électricité rapporte très peu
Tarif Bleu Base, 6 kVA0,2001 € TTC/kWhUn kWh consommé chez vous a une valeur près de 20 fois supérieure à un kWh revendu
Heures creuses au TRV0,1589 € TTC/kWhLe gain solaire est plus faible si le kWh évité aurait été acheté en HC
Vente totale pour les installations ≤ 9 kWcPlus éligibleLe surdimensionnement pour vendre n’a plus de logique économique

La comparaison entre 0,011 € HT et 0,2001 € TTC n’est pas parfaitement homogène sur le plan fiscal, mais elle exprime bien l’ordre de grandeur économique : l’électricité photovoltaïque a surtout de la valeur lorsqu’elle évite un achat au fournisseur.

Même l’indexation de 2 % par an du tarif de surplus ne change pas cette réalité. Après 10 ans, 0,011 € indexés à 2 % atteignent environ 0,0134 € par kWh. Cela reste très loin du prix d’un kWh acheté sur le réseau.

La seule formule qui compte désormais

Le calcul utile n’est plus : production annuelle × tarif de rachat. Il est devenu :

gain annuel = kWh autoconsommés × prix du kWh évité + kWh revendus × 0,011 € HT − dépenses futures

Les deux premières variables à vérifier sont donc :

  1. La production réelle de votre toiture : orientation, inclinaison, ombrages, météo locale, puissance installée et qualité de la conception.
  2. Votre taux d’autoconsommation : part de cette production que vous utilisez instantanément ou que vous décalez sur quelques heures grâce à un ballon d’eau chaude, une borne de recharge, une pompe de piscine, une pompe à chaleur ou un système de pilotage.

Un taux d’autoconsommation de 50 % signifie que la moitié des kWh produits par les panneaux est consommée dans le logement. L’autre moitié part sur le réseau et n’est rémunérée que 0,011 € HT/kWh.

Ne confondez pas ce taux avec le taux d’autonomie. Un foyer peut autoconsommer 55 % de sa production solaire et rester très dépendant du réseau le soir, la nuit et en hiver. C’est normal : des panneaux photovoltaïques ne produisent pas quand la demande domestique est souvent la plus élevée.

Dans un calcul sérieux, il faut aussi intégrer ce que les devis commerciaux oublient volontiers :

  • l’abonnement électrique reste dû, même si vous produisez une grande partie de vos kWh annuels ;
  • l’onduleur ou les micro-onduleurs peuvent devoir être remplacés au cours de la vie du système ;
  • la production baisse progressivement avec le temps ;
  • un crédit fait grimper le coût total du projet ;
  • une réfection future de toiture peut imposer une dépose et une repose des panneaux ;
  • le traitement fiscal de la vente, l’assurance et les éventuels frais spécifiques doivent être vérifiés selon votre situation.

Un devis qui annonce une rentabilité en 8 ou 10 ans sans afficher le taux d’autoconsommation retenu, le prix de revente du surplus et les coûts de remplacement n’est pas un calcul : c’est un argument commercial.

Simulations 3 kWc et 6 kWc : les hypothèses retenues

Les chiffres qui suivent ne sont pas une promesse de production ni un prix de marché national. Ce sont des hypothèses prudentes, transparentes et comparables pour mesurer l’effet du dimensionnement et du pilotage.

Nous retenons une toiture favorable, sans ombrage majeur, produisant 1 150 kWh par kWc et par an. Cela correspond à 3 450 kWh par an pour 3 kWc et 6 900 kWh pour 6 kWc. Le prix du kWh évité est celui du Tarif Bleu Base au 3 août 2026, soit 0,2001 € TTC/kWh.

Hypothèses de simulationInstallation 3 kWcInstallation 6 kWc
Production de départ retenue3 450 kWh/an6 900 kWh/an
Coût posé et raccordé retenu7 500 €11 000 €
Taux d’autoconsommation sans pilotage35 %25 %
Taux d’autoconsommation avec pilotage55 %45 %
Dégradation annuelle retenue de la production0,5 %0,5 %
Réserve pour remplacement à l’année 151 200 €1 500 €
Horizon étudié25 ans25 ans

Le coût d’installation et le budget de remplacement sont des hypothèses de travail, pas des tarifs réglementés. Demandez plusieurs devis strictement comparables : même puissance, mêmes garanties, même type d’onduleur, mêmes frais de raccordement inclus ou exclus, même dispositif de suivi.

Le modèle ci-dessous suppose que le tarif de l’électricité achetée reste stable à 0,2001 € TTC/kWh. C’est volontairement prudent : une hausse future de l’électricité améliorerait la rentabilité, mais personne ne peut la garantir. En parallèle, le tarif de surplus progresse de 2 % par an et la production diminue de 0,5 % par an dans le calcul sur 25 ans.

Résultats : le pilotage décide de la rentabilité

ScénariokWh autoconsommés la 1re annéeGain sur facture la 1re annéeRecette de surplus la 1re annéeGain annuel initialRetour simpleRetour avec dégradation et remplacement
3 kWc, sans pilotage1 208 kWh242 €25 €266 €28,2 ansNon atteint sur 25 ans
3 kWc, piloté1 898 kWh380 €17 €397 €18,9 ansEnviron 23 ans
6 kWc, sans pilotage1 725 kWh345 €57 €402 €27,4 ansNon atteint sur 25 ans
6 kWc, piloté3 105 kWh621 €42 €663 €16,6 ansEnviron 19 à 20 ans

Le retour simple divise le prix d’achat par le gain de la première année. C’est utile pour comparer des scénarios, mais c’est trop optimiste pour décider. Le retour plus réaliste tient compte de la baisse progressive de production et d’une provision de remplacement à la quinzième année.

Le résultat le plus révélateur est celui du 6 kWc sans pilotage. Il produit deux fois plus qu’un 3 kWc, mais son taux d’autoconsommation tombe à 25 %. Il injecte alors 5 175 kWh par an sur le réseau. Ces kWh rapportent seulement environ 57 € la première année. Produire davantage pour revendre davantage ne compense donc plus le coût de l’installation.

Exemple complet : maison chauffée à l’électricité, voiture rechargeable et 6 kWc

Prenons une maison occupée par quatre personnes, consommant 9 000 kWh par an au Tarif Bleu Base. Elle possède une pompe à chaleur, un ballon d’eau chaude électrique et une voiture électrique rechargée principalement à domicile. Les occupants programment le ballon et une partie de la recharge de la voiture entre 11 heures et 16 heures lorsque la production est disponible.

L’installation de 6 kWc produit 6 900 kWh par an dans notre hypothèse. Grâce au pilotage, 45 % de cette production est utilisée sur place :

  • production solaire annuelle : 6 900 kWh ;
  • production autoconsommée : 6 900 × 45 % = 3 105 kWh ;
  • achat d’électricité évité : 3 105 × 0,2001 € = 621 € la première année ;
  • surplus injecté : 6 900 − 3 105 = 3 795 kWh ;
  • recette de surplus : 3 795 × 0,011 € = 42 € HT la première année ;
  • gain total initial : environ 663 € ;
  • coût retenu : 11 000 €.

Le retour simple est de 11 000 ÷ 663, soit 16,6 ans. Mais après dégradation de la production et provision de 1 500 € pour l’électronique à l’année 15, le retour s’établit plutôt autour de 19 à 20 ans.

La maison continue à acheter environ 5 895 kWh sur le réseau, surtout la nuit, le soir, en hiver et lors des périodes peu ensoleillées. Les panneaux ne rendent donc pas le foyer autonome. Ils réduisent sa facture variable et sécurisent une partie de son prix de l’électricité sur le long terme.

Ce qui reste rentable, et ce qui ne l’est plus

Un projet reste défendable si plusieurs conditions sont réunies : toiture saine, prix d’installation raisonnable, consommation de journée régulière, équipements pilotables et puissance adaptée à la demande réelle.

Les configurations qui ont encore du sens

  • 3 kWc avec une consommation diurne déjà élevée : télétravail fréquent, pompe de piscine, climatisation, ballon d’eau chaude ou chauffage électrique pilotable.
  • 6 kWc avec usages électriques structurels : voiture électrique rechargée en journée, pompe à chaleur, piscine, grand foyer, ballon électrique, activité professionnelle à domicile.
  • Installation plus petite mais très autoconsommée : c’est souvent plus rentable qu’une grande installation qui revend les trois quarts de sa production.
  • Autoconsommation collective : si votre surplus peut être valorisé localement dans une opération organisée, cette voie peut être plus intéressante que la vente à 0,011 € HT/kWh. Elle reste toutefois collective, administrative et dépendante d’une personne morale organisatrice.

Pour donner un repère, dans les hypothèses de cette simulation, le prix maximal permettant un retour sur 20 ans, remplacement d’onduleur inclus, est d’environ 6 600 € pour le 3 kWc piloté et 11 600 € pour le 6 kWc piloté. Ces seuils ne valent pas pour toutes les toitures : une production inférieure, des ombres ou un faible usage de journée les abaissent immédiatement.

Les projets qui ne valent généralement plus le coup

  • Un projet vendu sur la seule promesse de revenus issus du surplus.
  • Un 6 ou 9 kWc installé sur une maison vide en journée, sans voiture électrique, pompe à chaleur, ballon programmable ni piscine.
  • Une installation financée par un crédit long et coûteux, alors que le retour estimé dépasse déjà 20 ans hors intérêts.
  • Une batterie achetée sans calcul de cycles, de rendement, de capacité réellement utilisable et de durée de vie.
  • Une installation sur une toiture qu’il faudra refaire dans quelques années.

Le piège classique consiste à regarder la production annuelle totale. Or la bonne question est : combien de kWh produits à midi remplacent réellement un achat au réseau ?

Batterie, borne de recharge et heures creuses : le calcul à refaire au cas par cas

La batterie devient plus séduisante sur le papier parce que le surplus ne vaut presque plus rien. Mais elle n’est pas automatiquement rentable. Son gain brut maximal correspond à l’écart entre un kWh autoconsommé grâce à elle et un kWh qui aurait été revendu.

Au Tarif Bleu Base actuel, cet écart est :

0,2001 € − 0,011 € = 0,1891 € par kWh déplacé

Ce montant est un plafond théorique. Il faut ensuite retirer les pertes de charge et de décharge, les périodes où la batterie est déjà pleine, son vieillissement et son remplacement éventuel. Une batterie ne crée pas d’électricité : elle décale une consommation de quelques heures.

Avant une batterie, les solutions les moins complexes sont souvent les plus efficaces :

  • déclencher le ballon d’eau chaude en milieu de journée ;
  • recharger la voiture électrique lorsque les panneaux produisent ;
  • programmer filtration de piscine, lave-linge ou lave-vaisselle sur les heures de soleil ;
  • utiliser un gestionnaire d’énergie qui arbitre entre ballon, borne et autres usages ;
  • suivre vos courbes de charge Linky par pas de 30 minutes avant de choisir la puissance des panneaux.

La réforme des heures creuses complique légèrement le raisonnement. Les nouveaux créneaux déplacés vers l’après-midi peuvent descendre à 0,1589 € TTC/kWh au Tarif Bleu HP/HC. Si vous auriez de toute façon consommé ce kWh en heures creuses l’après-midi, le gain solaire n’est plus 0,2001 €, mais 0,1589 €. L’écart avec le surplus devient alors 0,1479 € par kWh.

Pour un foyer en option HP/HC, il faut donc comparer le solaire au prix réellement évité à l’heure où l’appareil aurait fonctionné. Une voiture rechargée à midi peut être une excellente cible solaire si elle aurait sinon chargé en heures pleines à 0,2142 €/kWh ; elle est moins prioritaire si elle aurait chargé en heures creuses à 0,1589 €/kWh.

Les pièges de devis à éviter après S21

Les litiges photovoltaïques ont doublé dans les saisines reçues par le médiateur national de l’énergie en 2025. Ce n’est pas une raison d’éviter tout projet solaire, mais une raison de ne signer qu’après avoir vérifié les chiffres.

Exigez un calcul écrit contenant au minimum :

  • la date exacte de la demande concernée par le tarif d’achat ;
  • l’absence de prime à l’autoconsommation dans le financement présenté ;
  • la production annuelle estimée, avec l’orientation, l’inclinaison et les ombrages retenus ;
  • le taux d’autoconsommation utilisé dans la simulation ;
  • le prix du kWh évité retenu et le tarif de surplus de 0,011 € HT/kWh ;
  • le coût total posé, raccordement compris ou explicitement exclu ;
  • le coût, les conditions et la durée des garanties ;
  • les hypothèses sur l’onduleur, la maintenance et la dégradation des panneaux ;
  • le coût total du crédit, si le projet est financé.

Un bon vendeur vous remet une étude de production et accepte que vous compariez son devis. Un vendeur qui promet de payer vos mensualités grâce à EDF, qui parle de panneaux gratuits ou qui refuse de détailler le taux d’autoconsommation doit être écarté.

À compter du 11 août 2026, le démarchage dans le secteur de la rénovation énergétique est interdit par principe, y compris lorsqu’il passe par téléphone, SMS, e-mail ou réseaux sociaux. Un contrat conclu à la suite d’un démarchage illégal est nul. Ne confondez pas urgence commerciale et opportunité économique.

L’arbitrage à faire avant de signer

Commencez par télécharger au moins une année de données Linky, idéalement au pas de 30 minutes. Repérez votre consommation entre 10 heures et 17 heures, séparément en semaine, le week-end et pendant les vacances. Cette courbe vaut davantage qu’une estimation générique fondée sur votre seule consommation annuelle.

Ensuite, simulez trois puissances : celle proposée par l’installateur, une puissance inférieure et une puissance supérieure. Pour chacune, calculez le nombre de kWh réellement autoconsommés, puis appliquez le prix du kWh évité et seulement 0,011 € HT/kWh sur le reste.

L’arbitrage est simple :

  • choisissez 3 kWc si votre consommation de journée est modérée et que vous ne pouvez pas augmenter facilement vos usages solaires ;
  • choisissez 6 kWc seulement si vous avez des usages pilotables suffisamment importants pour viser environ 45 % d’autoconsommation ou davantage dans des conditions réalistes ;
  • reportez l’achat d’une batterie tant que le pilotage direct du ballon, de la borne ou des appareils n’a pas été testé ;
  • refusez un projet dont le retour prudent dépasse la durée pendant laquelle vous comptez conserver le logement ou dont le financement par crédit absorbe l’essentiel des économies attendues.

Après S21, le solaire n’est plus une rente de revente. C’est une façon de réduire des achats d’électricité, à condition de consommer votre propre production au bon moment et de ne pas payer trop cher chaque watt installé.

Calculer la rentabilité réelle d’un projet solaire après S21

Méthode de comparaison entre plusieurs puissances photovoltaïques fondée sur vos données Linky, votre consommation de journée et le tarif de surplus applicable depuis juin 2026.

  1. Récupérer vos courbes de consommation

    Téléchargez au moins 12 mois de données Linky au pas de 30 minutes. Isolez votre consommation entre 10 heures et 17 heures, en distinguant semaine, week-end et vacances.

  2. Lister les usages pilotables

    Identifiez les équipements que vous pouvez déclencher en journée : ballon d’eau chaude, borne de recharge, pompe de piscine, pompe à chaleur, climatisation ou appareils électroménagers.

  3. Comparer plusieurs puissances

    Demandez une estimation de production pour au moins deux puissances, par exemple 3 et 6 kWc. Vérifiez l’orientation, les ombrages et les hypothèses de production de chaque étude.

  4. Valoriser séparément autoconsommation et surplus

    Multipliez les kWh autoconsommés par le prix réellement évité sur votre contrat. Multipliez uniquement le surplus par 0,011 € HT/kWh. Ne valorisez jamais toute la production au prix du kWh acheté.

  5. Ajouter les coûts oubliés

    Intégrez le coût posé complet, le raccordement éventuel, les intérêts du crédit, une provision pour l’onduleur, les contraintes de toiture et le fait que l’abonnement électrique reste à payer.

  6. Choisir la puissance qui limite le surplus

    Retenez en priorité l’installation qui maximise vos kWh autoconsommés et conserve un retour prudent compatible avec votre durée d’occupation du logement.

Questions fréquentes

La réforme S21 s’applique-t-elle à une installation déjà en service ?

La réforme vise les nouvelles demandes concernées depuis le 5 juin 2026. Si votre installation est déjà raccordée et dispose d’un contrat d’achat, relisez ce contrat : c’est lui qui fixe notamment votre tarif et sa durée. Un devis signé ou un acompte versé ne permet pas, à lui seul, de déduire le régime tarifaire applicable. Demandez à l’installateur une confirmation écrite de la date de demande et du tarif d’achat retenu.

Pourquoi le surplus à 0,011 € HT/kWh change-t-il autant la rentabilité ?

Parce qu’un kWh solaire utilisé dans votre logement évite un achat facturé environ 0,2001 € TTC au Tarif Bleu Base, alors qu’un kWh exporté est rémunéré 0,011 € HT. La valeur de l’autoconsommation est donc proche de 20 fois celle de la revente. Une installation qui exporte 4 000 kWh par an ne tire qu’environ 44 € HT de ce surplus la première année.

Faut-il choisir 3 kWc ou 6 kWc après la réforme ?

Choisissez la puissance en fonction de vos usages de journée, pas de votre seule consommation annuelle. Un 3 kWc est souvent plus cohérent pour un foyer absent la journée ou peu équipé. Un 6 kWc peut rester pertinent avec une voiture électrique, une pompe à chaleur, une piscine ou un ballon d’eau chaude pilotable. Sans ces usages, le 6 kWc exporte trop d’électricité à 0,011 € HT/kWh.

Une batterie est-elle devenue indispensable pour rentabiliser des panneaux solaires ?

Non. Avant d’acheter une batterie, essayez de déplacer vos consommations : ballon d’eau chaude, borne de recharge, pompe de piscine ou appareils électroménagers. Au Tarif Bleu Base, un kWh stocké puis consommé peut créer au mieux 0,1891 € de valeur brute par rapport à sa revente. Il faut encore retirer les pertes, l’usure, les périodes sans soleil et le coût de remplacement. Une batterie doit donc être calculée, pas ajoutée par réflexe.

Les heures creuses de l’après-midi rendent-elles le solaire moins intéressant ?

Pour un client en option HP/HC, oui, partiellement. Si un appareil aurait fonctionné à midi en heures creuses à 0,1589 €/kWh, un kWh solaire ne vous évite pas 0,2001 € mais 0,1589 €. Le solaire reste plus intéressant que la revente à 0,011 € HT/kWh, mais son avantage est réduit. Un client au tarif Base évite, lui, 0,2001 € à toute heure.

Puis-je installer beaucoup de panneaux pour vendre toute l’électricité produite ?

Ce modèle n’est plus adapté aux petites installations. Les installations photovoltaïques de puissance inférieure ou égale à 9 kWc ne sont plus éligibles à la vente totale dans le cadre issu de la réforme. Et même avec un débouché de surplus, 1 000 kWh revendus à 0,011 € HT ne rapportent que 11 € HT la première année. Surdimensionner une installation pour exporter est généralement une mauvaise opération.

Quel prix de devis est acceptable pour un projet solaire rentable ?

Il n’existe pas de prix universel, car la toiture et les usages changent tout. Dans notre simulation, un 3 kWc piloté ne doit pas dépasser environ 6 600 € pour un retour sur 20 ans incluant une réserve de remplacement. Pour un 6 kWc piloté, le plafond est proche de 11 600 €. Ces repères supposent une production de 1 150 kWh/kWc/an et des taux d’autoconsommation élevés.

Que faire si je n’ai pas de toiture adaptée ou si je suis locataire ?

L’autoconsommation collective peut être une piste. Au 1er janvier 2026, la France comptait 1 625 opérations actives, soit une hausse de 133 % en un an. Vous pouvez participer à une opération locale sans posséder votre propre toiture, sous réserve qu’un projet existe près de chez vous et que vous acceptiez ses règles de répartition. Ce n’est pas une solution immédiate partout, mais elle évite de dépendre du faible tarif de surplus individuel.

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  • Une installation de 3 kWc produit souvent entre 2 700 et 4 200 kWh par an selon la région, l'orientation et les ombres, mais elle ne couvre pas 100 % de vos besoins au même instant.
  • Sans batterie, un foyer autoconsomme généralement 25 à 45 % de sa production photovoltaïque ; le pilotage du chauffe-eau, de la voiture électrique ou de la PAC peut faire monter ce taux vers 40 à 60 %.
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  • L'autoconsommation collective partage, par pas de 30 minutes, l'électricité d'une installation entre plusieurs compteurs situés dans un périmètre de 2 km, extensible à 10 ou 20 km selon le territoire et le régime applicable.
  • Le nombre d'opérations d'autoconsommation collective en service a progressé de 133 % en un an : cette croissance ne garantit pourtant pas une économie automatique pour chaque participant.
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  • Avec un écart HP/HC de 0,0553 €/kWh au Tarif Bleu, une batterie de 10 kWh utilisée chaque jour ne génère qu’environ 124 € d’économie brute par an avant son prix d’achat.
  • Dans un scénario de devis à 8 000 €, 10 kWh utiles, 90 % de rendement et 10 ans de garantie, le coût minimal du kWh restitué atteint 0,2435 €, hors dégradation et financement.