Les heures creuses sont-elles rentables pour vous ?

L'option heures creuses coûte plus cher en heures pleines. Elle n'est gagnante qu'au-delà d'un certain taux de report. Ce simulateur calcule votre point de bascule exact.

1 min Calcul dans votre navigateur, rien n’est envoyé Tarifs du 1er août 2026

Puissance souscrite

Les heures creuses durent 8 h par jour, généralement la nuit et parfois l’après-midi. Sans rien programmer, on tombe naturellement autour de 25 à 30 %.

Ce que vous pouvez réellement programmer

Verdict

  • Facture en option Base
  • Facture en heures creuses
  • Différence annuelle

Point de bascule

Tout comprendre sur les heures creuses

Comment fonctionne ce calcul

L’option heures pleines/heures creuses ne réduit pas le prix de toute votre électricité. Elle échange un prix plus bas pendant vos 8 heures creuses quotidiennes contre un prix plus élevé le reste du temps. Le résultat dépend donc d’une seule question : quelle part réelle de vos kWh peut être consommée pendant les plages creuses attribuées à votre compteur ?

Au tarif réglementé au 1er août 2026, pour une puissance de 6 kVA, les prix TTC utilisés comme repère sont les suivants :

  • option Base : 0,2001 € par kWh ;
  • heures pleines : 0,2142 € par kWh ;
  • heures creuses : 0,1589 € par kWh.

Chaque kWh consommé en heures pleines coûte donc 0,0141 € de plus qu’en Base. Chaque kWh déplacé en heures creuses coûte 0,0412 € de moins qu’en Base. Il faut accumuler suffisamment de kWh creux pour compenser le surcoût de tous les kWh pleins.

La formule du point de bascule

Le simulateur calcule d’abord votre facture annuelle estimée dans chaque option :

Coût Base = A Base + C × P Base

Coût HP/HC = A HP/HC + C × [t × P HC + (1 − t) × P HP]

  • C est votre consommation annuelle en kWh ;
  • t est la part de cette consommation effectuée en heures creuses, exprimée entre 0 et 1 ;
  • A est le prix annuel TTC de l’abonnement pour votre puissance de compteur ;
  • P Base, P HP et P HC sont les prix TTC du kWh dans chaque période.

Le point de bascule est atteint lorsque les deux coûts sont égaux. Le taux d’heures creuses requis est donc :

t* = [P HP − P Base + (A HP/HC − A Base) ÷ C] ÷ (P HP − P HC)

Le simulateur prend en compte la différence d’abonnement applicable à la puissance sélectionnée. C’est pourquoi votre seuil peut varier légèrement avec votre consommation annuelle : une différence fixe d’abonnement pèse davantage sur 2 000 kWh que sur 8 000 kWh. Si les abonnements Base et HP/HC étaient strictement identiques, le seuil serait de 25,5 % d’heures creuses : (0,2142 − 0,2001) ÷ (0,2142 − 0,1589).

Les prix sont TTC. La TVA de 20 % s’applique à la totalité de la facture depuis le 1er août 2025. L’accise sur l’électricité, fixée à 30,62 € par MWh, ainsi que la CTA, égale à 15 % de la part fixe du TURPE, ne doivent pas être ajoutées une seconde fois aux tarifs TTC affichés.

Comment interpréter votre résultat

Un résultat inférieur à votre part actuelle d’heures creuses signifie que l’option HP/HC est théoriquement rentable. Un résultat supérieur signifie que vous payez plus cher que nécessaire, à comportement inchangé. Le seuil ne dit pas que vous devez consommer davantage : il indique quelle part de vos kWh existants doit être placée dans les créneaux creux.

Sans tenir compte d’une éventuelle différence d’abonnement, voici l’effet de différents taux d’heures creuses pour 4 500 kWh par an. Les montants correspondent uniquement à l’écart de consommation avec l’option Base.

Part de kWh en heures creusesPrix moyen du kWh HP/HCÉcart annuel face à Base pour 4 500 kWh
20 %0,2031 €environ 13,70 € de surcoût
25,5 %0,2001 €point d’équilibre
30 %0,1976 €environ 11,20 € d’économie
40 %0,1921 €environ 36,10 € d’économie
50 %0,1866 €environ 61,00 € d’économie

À 30 % d’heures creuses, le gain reste donc faible. L’option devient plus lisible financièrement à partir de 40 % environ, surtout si votre abonnement HP/HC n’est pas plus cher que l’abonnement Base. À 50 %, l’avantage est net sur l’énergie, mais reste modéré au regard d’une facture complète.

La consommation moyenne d’un site résidentiel est de 4 114 kWh par an. À ce niveau, 25,5 % représente environ 1 050 kWh en heures creuses. Le client type suivi par la CRE consomme 4 500 kWh par an pour une facture annuelle de 1 072 € TTC : ce repère rappelle qu’une économie de quelques dizaines d’euros sur le kWh ne transforme pas l’ensemble de la facture. En moyenne, celle-ci se répartit entre 40 % de fourniture, 28 % de réseau et 32 % de taxes.

Ce qu’il faut faire du résultat, concrètement

Commencez par relever votre répartition réelle sur votre facture ou dans votre espace compteur : cherchez les index ou consommations séparés en heures pleines et heures creuses. Calculez ensuite votre part creuse : kWh HC ÷ consommation totale. Une estimation fondée uniquement sur vos horaires habituels est moins fiable qu’un relevé annuel, car chauffage, eau chaude et climatisation font varier fortement la consommation selon les saisons.

Si votre taux est déjà au-dessus du seuil avec une marge de plusieurs points, l’option HP/HC est cohérente. Vérifiez que les gros usages automatiques sont bien programmés dans les créneaux attribués : chauffe-eau électrique, recharge de véhicule, lave-linge, sèche-linge, lave-vaisselle ou stockage thermique. Un appareil lancé la nuit sans programmation ne suffit pas ; ce sont les kWh réellement appelés pendant les plages creuses qui comptent.

Si votre taux est sous le seuil et qu’aucun usage majeur ne peut être décalé, l’option n’a pas d’intérêt financier. C’est souvent le cas d’un logement occupé surtout le soir, chauffé autrement qu’à l’électricité, sans ballon d’eau chaude électrique ni véhicule à recharger. Payer un kWh plus cher en journée pour quelques cycles d’appareils la nuit ne compense généralement pas.

Le changement de plages en cours peut modifier votre décision. La réorganisation progressive des heures creuses conserve 8 heures par jour, avec au moins 5 heures consécutives la nuit, entre 23 h et 7 h, et jusqu’à 3 heures possibles en journée, entre 11 h et 17 h, notamment l’été. Le déploiement est progressif selon les zones et les compteurs. Des heures creuses l’après-midi peuvent faciliter la recharge d’un véhicule à domicile, le fonctionnement d’une pompe de piscine ou certains appareils programmables, mais vous ne choisissez pas vous-même vos créneaux.

Les limites de cette estimation

Cette estimation compare Base et HP/HC à consommation annuelle identique. Elle suppose qu’un kWh déplacé conserve le même volume : ce n’est pas toujours vrai pour une pompe à chaleur, une climatisation, une batterie ou un chauffe-eau, dont les pertes, la température extérieure et les automatismes peuvent changer la consommation totale.

Le modèle ne remplace pas le calendrier réel de votre compteur. Vos heures creuses sont fixées pour votre point de livraison ; elles peuvent différer de celles d’un voisin et évoluer avec la réforme. Une part HC observée l’hiver dernier ne préjuge donc pas exactement de votre part future si vos horaires changent ou si vos plages sont déplacées.

Le calcul utilise les prix TTC connus au 1er août 2026. Les tarifs, abonnements et offres de marché peuvent évoluer. Le TURPE 7, qui finance le réseau, a augmenté de 3,04 % à cette date ; ses évolutions futures peuvent affecter les composantes tarifaires. Les remises temporaires, options de fourniture spécifiques, pénalités éventuelles, services additionnels et changements de puissance ne sont pas projetés.

Enfin, ce simulateur ne compare pas l’option Tempo. Tempo repose sur trois couleurs de jours, avec des prix très différents, notamment 0,7295 € par kWh en heures pleines rouges, et sur des contraintes d’usage bien plus fortes. Un taux global d’heures creuses ne permet pas à lui seul d’évaluer cette option.

Questions fréquentes

Quel est le seuil de rentabilité des heures creuses ?

Avec les seuls prix du kWh au tarif réglementé au 1er août 2026, le seuil est de 25,5 % de votre consommation en heures creuses. Ce chiffre suppose un abonnement identique entre Base et HP/HC. Le seuil affiché par le simulateur est plus précis : il intègre la différence éventuelle d’abonnement pour votre puissance de compteur et votre consommation annuelle.

Est-ce que 30 % d’heures creuses suffit ?

Oui, mais de peu. À 4 500 kWh par an et à abonnement identique, 30 % d’heures creuses procure environ 11 € d’économie annuelle sur la partie consommation par rapport à Base. Une différence d’abonnement peut absorber ce gain. À ce niveau, l’option reste sensible à un changement d’habitudes, à une absence prolongée ou à des plages creuses moins adaptées.

Comment connaître ma part réelle d’heures creuses ?

Relevez vos consommations annuelles séparées en heures pleines et en heures creuses sur votre facture, votre espace client ou votre suivi Linky. Appliquez la formule kWh heures creuses ÷ kWh totaux. Par exemple, 1 200 kWh HC pour 4 500 kWh au total correspondent à 26,7 %. Un historique sur douze mois évite de surinterpréter un seul mois d’hiver ou d’été.

Puis-je choisir moi-même mes heures creuses ?

Non. Les plages sont attribuées à votre point de livraison par le gestionnaire de réseau. Vous pouvez choisir de programmer vos appareils pour les utiliser pendant ces créneaux, mais pas demander librement un horaire précis. Vos heures creuses figurent sur votre facture ou dans votre espace compteur. Elles peuvent être modifiées dans le cadre de la réorganisation progressive des plages.

Pourquoi certaines heures creuses passent-elles l’après-midi ?

La réforme vise à mieux faire coïncider les heures creuses avec les périodes où le réseau est moins sollicité et où la production solaire est plus abondante. Elle maintient 8 heures creuses par jour, dont au moins 5 heures consécutives la nuit. Jusqu’à 3 heures peuvent être placées entre 11 h et 17 h, particulièrement l’été. Le changement se fait progressivement selon les compteurs.

Un chauffe-eau électrique rend-il automatiquement HP/HC rentable ?

Non. Un ballon d’eau chaude programmé en heures creuses aide fortement, car il peut déplacer une consommation significative. Mais la rentabilité dépend aussi de votre consommation totale, de la différence d’abonnement et de vos autres usages. Si le logement consomme surtout en heures pleines et que le ballon est petit ou peu sollicité, la part HC peut rester sous le seuil calculé.

Pour qui l’option heures creuses n’a-t-elle généralement pas d’intérêt ?

Elle est rarement adaptée lorsque vous ne pouvez pas automatiser de gros usages : pas de chauffe-eau électrique, pas de recharge de véhicule, peu d’appareils programmables et consommation concentrée le matin et le soir. Si votre taux réel reste sous le seuil malgré vos habitudes normales, forcer des usages la nuit pour gagner quelques euros peut être contraignant sans bénéfice tangible. L’option Base est alors plus simple et souvent moins chère.