Quelle puissance de compteur choisir : 6, 9 ou 12 kVA ?

Trop de kVA, vous payez un abonnement inutile ; pas assez, vous disjonctez. Ce calculateur additionne vos usages simultanés et applique un coefficient de foisonnement réaliste.

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Puissance recommandée

kVA

Pointe simultanée estimée : kW

Détail des usages simultanés

    Coût annuel de l’abonnement selon la puissance

      Comment changer de puissance

      Comment fonctionne ce calcul

      La puissance souscrite ne dépend pas de votre consommation annuelle en kWh, mais de la puissance que vos appareils peuvent demander au même moment. Le simulateur reconstitue donc une pointe de puissance probable à partir des équipements que vous déclarez : cuisson, chauffage électrique, chauffe-eau, lave-linge, sèche-linge, véhicule électrique, climatisation, pompe de piscine, etc.

      Le compteur exprime cette limite en kVA, pour kilovoltampères. Il s’agit de la puissance apparente. Pour un appareil dont la puissance est indiquée en watts, le calcul applique la formule suivante :

      S = P / cos φ

      Dans cette formule, S est la puissance apparente en VA, P la puissance active en W et cos φ le facteur de puissance. Pour les appareils purement résistifs, tels qu’un radiateur, un four ou un chauffe-eau, le facteur de puissance est proche de 1 : 2 000 W correspondent donc à environ 2 kVA. Pour un moteur, un compresseur ou certains appareils électroniques, il peut être inférieur ; le simulateur retient alors une conversion prudente. Si la plaque signalétique de l’appareil indique déjà une puissance en VA ou kVA, cette valeur prévaut.

      Additionner toutes les puissances nominales donnerait toutefois un résultat excessif : vos quatre radiateurs ne chauffent pas forcément à pleine puissance simultanément, et un lave-vaisselle alterne entre phases de chauffe et de repos. Le calcul applique donc un coefficient de foisonnement à chaque famille d’usage :

      • 1,00 pour les charges susceptibles de fonctionner durablement à leur maximum : recharge de voiture électrique, chauffe-eau forcé, pompe de piscine, climatisation ou chauffage déclaré comme prioritaire ;
      • 0,75 pour le chauffage électrique réparti dans le logement, afin de tenir compte des thermostats sans supposer qu’ils sont tous arrêtés ;
      • 0,70 pour la cuisson électrique, car toutes les zones d’une plaque et le four ne fonctionnent pas constamment à pleine puissance ;
      • 0,60 pour lave-linge, sèche-linge et lave-vaisselle ;
      • 0,30 pour les petits usages intermittents : informatique, télévision, éclairage, box et petits appareils.

      La puissance simultanée estimée est donc : S simultanée = Σ (nombre d’appareils × puissance apparente × coefficient de foisonnement). Le simulateur ajoute ensuite une marge de sécurité de 15 % : S de dimensionnement = S simultanée × 1,15. Il recommande la plus petite puissance normalisée — 6, 9 ou 12 kVA — égale ou supérieure à ce résultat.

      Pour convertir un abonnement en ampères dans un logement monophasé alimenté sous 230 V, utilisez : I = 1 000 × S / 230. Les équivalents théoriques sont d’environ 26 A pour 6 kVA, 39 A pour 9 kVA et 52 A pour 12 kVA. Ces valeurs sont des repères : avec Linky, la limite contractuelle est gérée en puissance apparente, et non comme un simple calibre fixe d’ampérage.

      Lire votre résultat : 6, 9 ou 12 kVA ?

      Un résultat inférieur ou égal à 6 kVA signifie qu’un abonnement 6 kVA paraît adapté dans les conditions déclarées. C’est le cas fréquent d’un appartement ou d’une maison sans chauffage électrique généralisé ni recharge de véhicule, à condition de ne pas lancer simultanément cuisson intensive, chauffe-eau forcé et gros électroménager.

      Entre 6 et 9 kVA, le 9 kVA évite de devoir surveiller les usages à chaque pointe. Il devient souvent pertinent avec des plaques à induction, plusieurs radiateurs électriques, une pompe à chaleur, une climatisation puissante ou une borne de recharge. Au-delà de 9 kVA, le 12 kVA correspond plutôt aux grands logements tout-électriques, aux cumuls chauffage + cuisson + recharge, ou à des équipements techniques permanents. Si l’estimation dépasse 12 kVA, un diagnostic plus détaillé est préférable avant de retenir 15 kVA ou davantage.

      Puissance souscriteIntensité théorique à 230 VAbonnement TTC annuel, repère BaseSurcoût par rapport à 6 kVA
      6 kVA26 A190,32 €
      9 kVA39 Aenviron 240 €environ 50 € par an
      12 kVA52 Aenviron 290 €environ 100 € par an

      Ces montants sont des ordres de grandeur TTC au tarif réglementé en option Base ; le prix exact dépend de l’option tarifaire et de l’offre retenue. À titre de lecture simple, passer inutilement de 6 à 9 kVA représente environ 4 € par mois d’abonnement supplémentaire ; passer de 6 à 12 kVA approche 8 € par mois. À l’inverse, descendre de 9 à 6 kVA peut économiser autour de 50 € par an si votre installation le supporte réellement.

      Le gain ne porte pas sur le prix du kWh : changer de puissance modifie surtout la part fixe de la facture. L’accise, fixée à 30,62 €/MWh, dépend des kWh consommés et ne baisse pas avec les kVA. Les abonnements TTC intègrent notamment la CTA, égale à 15 % de la part fixe du TURPE, ainsi que la TVA à 20 % appliquée à toute la facture depuis le 1er août 2025. La hausse de 3,04 % du TURPE 7 au 1er août 2026 explique aussi l’évolution des composantes réseau.

      Que faire de votre résultat, concrètement ?

      Si le simulateur recommande 6 kVA alors que vous avez 9 ou 12 kVA, ne réduisez pas sur le seul constat d’une facture élevée. Vérifiez d’abord vos pointes réelles sur une période incluant l’hiver, les jours de télétravail et les usages de cuisson. Votre espace client, lorsqu’il affiche la puissance maximale appelée, ou l’écran du compteur Linky peuvent apporter un repère utile. Une réduction est cohérente si aucune coupure ne s’est produite et si vos pointes restent durablement sous la limite du palier inférieur.

      Si le calcul recommande 9 ou 12 kVA, cherchez aussi à supprimer les chevauchements évitables. Programmez le chauffe-eau et la recharge du véhicule en heures creuses, évitez le mode forcé du ballon pendant la préparation des repas, et utilisez le délestage si votre chauffage électrique en est équipé. Un délesteur coupe temporairement des circuits non prioritaires lorsque la puissance approche de la limite ; il peut rendre 6 ou 9 kVA viable sans dégrader durablement le confort.

      Pour modifier la puissance, contactez votre fournisseur d’électricité, qui transmet la demande à Enedis. Avec un compteur Linky communicant et une installation compatible, l’ajustement est généralement réalisé à distance, souvent sous 24 heures ouvrées après traitement de la demande. Selon le fournisseur, un délai de gestion de plusieurs jours ouvrés peut s’ajouter. Une intervention sur place et un rendez-vous sont nécessaires si le compteur n’est pas communicant, si le réglage à distance échoue ou si l’installation doit être adaptée. Vérifiez le tarif de prestation annoncé avant validation : il peut varier selon le type d’intervention et votre situation contractuelle.

      Les limites de cette estimation

      Ce modèle estime une pointe vraisemblable, pas une garantie absolue contre toute disjonction. Il ne connaît ni la puissance réellement absorbée par chaque appareil, ni l’état de vos thermostats, ni la température extérieure, ni les habitudes de tous les occupants. Une vague de froid peut faire fonctionner simultanément davantage de radiateurs que le coefficient retenu ; une plaque à induction peut aussi appeler une puissance élevée pendant quelques minutes.

      Les équipements à compresseur — pompe à chaleur, climatisation, pompe de piscine, réfrigération — peuvent présenter des pointes de démarrage ou des comportements variables selon leur technologie. Les bornes de recharge sont particulièrement déterminantes : une charge réglée à 7,4 kW consomme presque à elle seule la totalité d’un abonnement 9 kVA. La recharge pilotée ou dynamique change donc radicalement le résultat.

      L’estimation est pensée pour une installation monophasée résidentielle. En triphasé, le total de kVA ne suffit pas : chaque phase doit être équilibrée. Un abonnement de 12 kVA triphasé répartit la puissance entre trois phases ; une seule phase surchargée peut provoquer une coupure alors que la puissance totale semble acceptable. Enfin, le simulateur ne remplace ni le contrôle du tableau électrique, ni l’avis d’un électricien en cas de disjonctions répétées, de câbles qui chauffent ou de projet de borne, de pompe à chaleur ou d’extension du logement.

      Questions fréquentes

      Pourquoi mon compteur disjoncte alors que mes appareils ne totalisent pas 6 kW ?

      Parce que le compteur surveille la puissance appelée au même instant, exprimée en kVA, et non la simple somme des puissances habituellement utilisées. Une plaque à induction, un four, un chauffe-eau forcé et un sèche-linge peuvent créer une pointe brève mais suffisante pour dépasser votre abonnement. Certains moteurs et appareils électroniques demandent aussi une puissance apparente supérieure à leur puissance affichée en watts.

      6 kVA suffisent-ils pour une maison chauffée à l'électricité ?

      Rarement sans arbitrage des usages. Quelques radiateurs, un ballon d’eau chaude et la cuisson peuvent déjà approcher ou dépasser 6 kVA lors d’une soirée froide. Cela reste possible avec un délesteur, des thermostats bien réglés et la programmation du chauffe-eau, mais 9 kVA apporte généralement davantage de marge. La surface du logement ne suffit pas à trancher : isolation, puissance des émetteurs et usages simultanés comptent davantage.

      Une borne de recharge impose-t-elle un abonnement 12 kVA ?

      Non. Tout dépend de la puissance de charge et de son pilotage. Une borne monophasée réglée à 3,7 kW peut souvent cohabiter avec 6 ou 9 kVA si elle charge la nuit et si le chauffe-eau est programmé. À 7,4 kW, elle occupe presque tout un abonnement 9 kVA. Une borne à délestage dynamique réduit automatiquement son intensité lorsque le logement appelle beaucoup de puissance.

      Puis-je passer de 9 à 6 kVA pour économiser ?

      Oui, si vos pointes réelles et l’estimation du simulateur restent compatibles avec 6 kVA. Le gain d’abonnement est de l’ordre de 50 € TTC par an au tarif réglementé Base. Contrôlez de préférence une année complète, incluant l’hiver, avant de réduire. Si vous avez déjà connu des coupures lors de la cuisson, du chauffage ou de la recharge d’un véhicule, réduisez seulement après avoir mis en place un pilotage ou un délestage.

      Combien de temps prend un changement de puissance avec Linky ?

      La demande se fait auprès de votre fournisseur, pas directement auprès d’Enedis. Lorsque le compteur Linky est communicant et que l’installation accepte le nouveau réglage, la modification est habituellement faite à distance, souvent sous 24 heures ouvrées une fois la demande traitée. Le délai commercial du fournisseur peut rallonger ce délai. Un rendez-vous est requis si une intervention physique ou une adaptation de l’installation est nécessaire.

      Le passage à 9 ou 12 kVA augmente-t-il le prix du kWh ?

      Non, la puissance souscrite agit principalement sur l’abonnement, c’est-à-dire la partie fixe de la facture. À option tarifaire et offre identiques, le prix du kWh ne change pas parce que vous passez de 6 à 9 kVA. Vos dépenses liées à la consommation — fourniture, réseau variable, accise de 30,62 €/MWh et TVA — dépendent avant tout des kWh réellement consommés.

      Le résultat est-il valable pour une installation triphasée ?

      Seulement comme premier ordre de grandeur. En triphasé, la puissance disponible est répartie sur trois phases. Il faut vérifier la puissance appelée sur chacune d’elles, car un déséquilibre peut provoquer une coupure même si le total des appareils reste inférieur à la puissance souscrite. Pour une borne, une pompe à chaleur ou des machines réparties sur plusieurs phases, un relevé par phase ou l’avis d’un électricien est préférable.