Tarifs & prix
Gaz : le prix repère CRE varie fortement depuis mai
Après une hausse de 15,4 % en mai, le prix repère du gaz recule de 1,87 % au 1er août. Les contrats indexés suivent ces à-coups mensuels et affectent la facture.
Le prix repère de vente du gaz recule de 1,87 % au 1er août 2026. Le prix du kWh indiqué passe de 0,12766 € à 0,12527 €, soit une baisse de 0,00239 €/kWh. Ce recul intervient après trois mouvements mensuels très différents : une forte hausse en mai, une baisse en juin, puis une nouvelle hausse en juillet. Pour les ménages dont le contrat est indexé sur le prix repère, cette succession se traduit par des factures qui peuvent évoluer d’un mois à l’autre, sans attendre une révision annuelle.
Ce qui change exactement
Entre mai et août 2026, le prix repère du gaz a connu quatre évolutions successives :
| Date d’application | Évolution TTC | Effet annoncé sur la facture |
|---|---|---|
| 1er mai 2026 | +15,4 % | +6,19 € sur la facture de mai |
| 1er juin 2026 | −4,8 % | −1,26 € sur la facture de juin |
| 1er juillet 2026 | +7,4 % | +2,70 € sur la facture de juillet |
| 1er août 2026 | −1,87 % | Prix du kWh de 0,12766 € à 0,12527 € |
La hausse du 1er mai est la plus marquante de la période : la CRE l’a reliée aux conséquences de la guerre en Iran. Elle représente une augmentation moyenne de 6,19 € TTC sur la facture de mai.
Le mouvement s’est partiellement inversé le 1er juin, avec une diminution de 4,8 % TTC et un effet moyen annoncé de 1,26 € sur la facture mensuelle. Mais cette baisse n’a pas installé une tendance durable : le prix repère est reparti à la hausse de 7,4 % TTC au 1er juillet, soit 2,70 € supplémentaires en moyenne sur la facture de juillet.
La baisse d’août ne doit donc pas être lue comme l’effacement des hausses précédentes. Elle réduit le prix unitaire par rapport à juillet, mais intervient après deux hausses importantes en trois mois. Les montants mensuels annoncés par la CRE correspondent à des effets moyens sur les factures concernées : ils ne peuvent pas être simplement additionnés pour reconstituer la situation exacte d’un foyer donné.
Pourquoi
Depuis la fin des tarifs réglementés de vente du gaz en 2023, le prix repère publié chaque mois par la CRE est devenu le principal étalon pour suivre le niveau des prix du gaz pour les particuliers. Il sert notamment de référence aux offres indexées.
Le point central pour un client est la fréquence de cette référence. Lorsqu’un contrat prévoit une indexation sur le prix repère, un choc sur le marché peut se retrouver sur la facture dès le mois suivant. La hausse de mai 2026 l’illustre : la CRE l’a explicitement attribuée au contexte de guerre en Iran, avec une progression de 15,4 % TTC appliquée dès le 1er mai.
Le mouvement n’est toutefois pas à sens unique. La baisse de juin, puis celle d’août, montrent qu’un recul est aussi possible d’un mois sur l’autre. Mais les baisses ne compensent pas automatiquement les hausses précédentes, ni dans les mêmes proportions, ni sur les mêmes volumes de consommation.
Le cas de juillet apporte une autre précision utile : un prix fixe n’immobilise pas nécessairement chaque élément de la facture. La hausse du 1er juillet a aussi été répercutée, via la part d’acheminement, à 40 % des foyers ayant une offre à prix fixe. Autrement dit, l’intitulé « prix fixe » ne suffit pas à savoir si la facture restera inchangée : il faut regarder ce que le contrat prévoit pour l’acheminement.
Ce que ça change sur votre facture
La baisse d’août représente un écart de 0,00239 € par kWh par rapport au niveau indiqué pour juillet. À consommation identique et si le contrat applique ce prix unitaire, cela représente :
- 1,20 € de baisse sur 500 kWh facturés ;
- 2,39 € de baisse sur 1 000 kWh facturés ;
- 4,78 € de baisse sur 2 000 kWh facturés.
Ces calculs mesurent uniquement l’écart entre les deux prix du kWh indiqués pour juillet et août. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de calculer une facture complète : le résultat dépend de la consommation réellement facturée et des règles tarifaires prévues dans le contrat.
Pour un foyer en offre indexée, le risque principal est celui d’une facture instable à court terme. En mai, la hausse moyenne annoncée atteignait 6,19 € sur la facture mensuelle. En juin, la baisse moyenne était limitée à 1,26 €. En juillet, la facture repartait à la hausse de 2,70 € en moyenne. La diminution d’août améliore donc le niveau du prix du kWh, sans garantir que la facture du mois sera inférieure à celle d’un autre mois : la consommation de gaz varie aussi selon les usages du foyer.
Pour un foyer en offre à prix fixe, juillet a montré qu’une évolution peut rester possible lorsque l’acheminement n’est pas figé dans les mêmes conditions que le prix de fourniture. Les 40 % de foyers concernés par cette répercussion ne sont pas nécessairement tous touchés de la même façon : le contrat détermine les modalités exactes.
Ce que vous pouvez faire
Commencez par vérifier la nature exacte de votre offre de gaz. Une offre indexée doit indiquer sa référence de prix et ses modalités d’évolution. Une offre à prix fixe doit préciser la durée du prix fixé et le traitement de l’acheminement. Le précédent de juillet montre qu’un prix fixe ne signifie pas toujours une facture entièrement stable.
Comparez ensuite le prix du kWh figurant sur votre facture avec le prix repère du mois concerné. Pour août 2026, le niveau indiqué est de 0,12527 €/kWh, contre 0,12766 €/kWh en juillet. Cet écart permet de vérifier si la baisse annoncée se retrouve dans la partie variable de votre contrat lorsque celui-ci est indexé sur cette référence.
Conservez les factures de mai à août et relevez, pour chacune, le prix du kWh ainsi que le volume facturé. Cette comparaison permet de séparer deux effets qui se mélangent souvent : l’évolution du prix unitaire et la variation de consommation d’un mois à l’autre.
Enfin, ne déduisez pas d’une baisse en août que le prix de septembre suivra la même direction. La série de 2026 montre au contraire que des mouvements opposés peuvent se succéder rapidement. Pour choisir entre une formule indexée et une formule à prix fixe, il faut donc regarder les conditions complètes du contrat, et non le seul niveau du prix repère à un instant donné.
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