Tarifs & prix
Capacité : l’enchère à 28 183 €/MW pèse sur août
La première enchère du nouveau mécanisme de capacité atteint 28 183 €/MW. Son coût plafonné participe à la hausse de 2,5 % du tarif réglementé d’août 2026.
La première enchère du nouveau mécanisme de capacité, tenue le lundi 6 juillet 2026 pour l’hiver 2026-2027, s’est conclue à 28 183 €/MW. Ce chiffre ne sera toutefois pas repris tel quel dans les tarifs des particuliers : après application d’un plafond intermédiaire et de dérogations, le niveau effectivement répercuté dans les offres de fourniture est de 18 646,63 €/MW, TVA incluse. Cette composante fait partie des facteurs de la hausse moyenne de 2,5 % du tarif réglementé de vente de l’électricité, appliquée depuis le 1er août.
Ce qui change exactement
Le mécanisme de capacité entre dans une nouvelle phase en 2026. Sa première enchère s’est tenue le 6 juillet, avec un prix de 28 183 €/MW pour l’hiver 2026-2027. Le MW, ou mégawatt, mesure une puissance disponible à un instant donné : ce n’est donc pas la même unité que le MWh, utilisé pour mesurer l’électricité effectivement consommée sur une année.
Pour les clients résidentiels, le chiffre à retenir n’est pas directement le résultat brut de l’enchère. La Commission de régulation de l’énergie, la CRE, indique que le prix répercuté dans les offres de fourniture atteint 18 646,63 €/MW TVA incluse, après prise en compte du plafond intermédiaire, appelé PPI, et des dérogations prévues.
L’écart entre les deux montants est de 9 536,37 €/MW. Il ne correspond pas à une réduction qu’un particulier pourrait demander à son fournisseur : il résulte des règles retenues pour intégrer le coût du mécanisme dans les prix de fourniture.
Ce coût n’apparaît pas nécessairement comme une ligne autonome facilement identifiable sur une facture. Il est intégré dans la construction du prix de l’électricité, avec d’autres éléments comme l’acheminement sur le réseau, les taxes et le coût d’approvisionnement. C’est pourquoi il est possible de subir son effet sans voir une ligne intitulée précisément « capacité » dans le détail de son échéancier ou de sa facture.
Depuis le 1er août 2026, le tarif réglementé de vente a augmenté de 2,5 % TTC en moyenne. Cette évolution est liée à trois mouvements simultanés : la hausse du tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, ou TURPE, l’intégration du nouveau mécanisme de capacité et la baisse de l’accise sur l’électricité, de 30,85 à 30,62 €/MWh. La baisse de l’accise limite partiellement la hausse, sans l’annuler.
Pourquoi
Le point particulier de l’été 2026 est le cumul momentané entre l’ancien et le nouveau mécanisme de capacité. La CRE souligne que ce chevauchement contribue directement à la hausse tarifaire d’août. Autrement dit, le passage d’un dispositif à l’autre génère temporairement un coût supplémentaire dans la construction des tarifs.
Le mécanisme de capacité est rattaché à la disponibilité de puissance pendant les périodes où la demande d’électricité est forte, en particulier l’hiver. L’enchère du 6 juillet porte ainsi explicitement sur l’hiver 2026-2027. Son prix de 28 183 €/MW donne un signal de marché, puis des règles de plafonnement et des dérogations déterminent le montant finalement intégré aux offres de fourniture : 18 646,63 €/MW TVA incluse.
Ce montant comprend la TVA. Depuis le 1er août 2025, la TVA est appliquée à 20 % sur l’intégralité de la facture d’électricité, abonnement comme consommation. Pour comparer les prix affichés au particulier, il faut donc privilégier les montants TTC et non seulement les valeurs exprimées hors taxes ou hors mécanismes de régulation.
Il serait en revanche trompeur d’attribuer les 2,5 % de hausse d’août au seul mécanisme de capacité. La CRE identifie plusieurs causes dans la même évolution tarifaire. Le coût précis du mécanisme pour un ménage donné n’est pas séparé du reste du prix du kWh et de l’abonnement. Il varie donc impossible à reconstituer exactement à partir de la seule facture annuelle d’un foyer.
La fin de l’ARENH au 31 décembre 2025 forme aussi le cadre de cette transition. Les fournisseurs ne disposent plus du dispositif qui leur permettait d’acheter jusqu’à 100 TWh par an d’électricité nucléaire d’EDF à 42 €/MWh. Le mécanisme de capacité ne remplace pas l’ARENH : il correspond à un autre poste de coût, lié à la disponibilité de puissance, mais il s’inscrit dans un marché de fourniture profondément modifié depuis le début de 2026.
Ce que ça change sur votre facture
L’effet visible pour le particulier est inclus dans la hausse générale du tarif réglementé au 1er août, et non dans une facture distincte. Pour le profil moyen retenu par la CRE, avec 4,5 MWh consommés par an, la facture annuelle passe de 1 046 € à 1 072 € TTC, soit environ 26 € de plus par an.
Cette référence est une moyenne tous profils confondus. En option Base 6 kVA, le prix du kWh est passé de 0,1940 € à 0,2001 € TTC, tandis que l’abonnement annuel est passé de 187,80 € à 190,32 € TTC. Une comparaison arithmétique à partir de ces seuls prix donne les évolutions suivantes :
- pour 2 000 kWh par an, environ 14,72 € TTC de plus par an ;
- pour 4 500 kWh par an, environ 29,97 € TTC de plus par an ;
- pour 7 000 kWh par an, environ 45,22 € TTC de plus par an.
Ces montants concernent l’évolution totale de la grille Base 6 kVA entre les deux tarifs publiés. Ils comprennent donc l’ensemble des changements tarifaires d’août, et pas seulement le coût du mécanisme de capacité. Ils ne doivent pas être présentés comme le prix individuel de l’enchère du 6 juillet.
L’écart avec la hausse moyenne de 26 € annoncée pour 4,5 MWh s’explique par le fait qu’un profil moyen de tarif réglementé ne correspond pas forcément à un client en option Base 6 kVA. La puissance souscrite, l’option tarifaire et la consommation annuelle modifient le résultat final.
Pour les quelque 19 millions de foyers encore au Tarif Bleu, la hausse est automatique depuis le 1er août. Les offres indexées sur le tarif réglementé suivent également cette évolution selon leurs conditions contractuelles. Un client en offre de marché doit vérifier la formule de prix prévue dans son contrat, car le calendrier et les modalités de révision peuvent différer.
Ce que vous pouvez faire
La première démarche consiste à regarder séparément le prix du kWh, le montant de l’abonnement, la puissance souscrite et l’option tarifaire figurant sur la facture. Le mécanisme de capacité n’étant pas isolable comme une dépense autonome du ménage, c’est la hausse totale TTC qui permet de mesurer son effet réel sur le budget.
Pour un contrat indexé sur le tarif réglementé, vérifiez l’avis d’évolution tarifaire ou la grille applicable depuis le 1er août. En option Base 6 kVA, les repères sont de 0,2001 €/kWh TTC et 190,32 €/an TTC d’abonnement. Ils permettent d’estimer l’évolution annuelle à partir de votre consommation relevée sur douze mois.
Comparer les offres peut aussi être utile, mais la comparaison doit porter sur le coût annuel total : abonnement, prix du kWh, taxes comprises, durée du prix et règle d’évolution prévue au contrat. Un prix du kWh plus bas ne garantit pas à lui seul une facture plus faible si l’abonnement est plus élevé ou si le prix est susceptible d’être révisé rapidement.
Enfin, réduire sa consommation diminue la facture globale, mais ne permet pas d’effacer spécifiquement la composante capacité. Le prix de l’enchère du 6 juillet est déjà fixé pour l’hiver 2026-2027. À court terme, le levier financier du ménage reste donc sa consommation totale et l’adéquation entre son contrat, sa puissance souscrite et ses usages réels.
Pour aller plus loin
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