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Litiges énergie : 28 076 dossiers recensés en 2025
En 2025, le médiateur national de l'énergie a recensé 28 076 litiges. Les saisines baissent, mais le photovoltaïque et le GPL inquiètent encore davantage.
Le médiateur national de l’énergie a enregistré 28 076 litiges en 2025, selon son rapport annuel publié en juin 2026. Le nombre de saisines formelles recule de 10 % par rapport à 2024, à 10 475 dossiers. Cette baisse globale ne traduit toutefois pas une amélioration uniforme : les litiges liés au photovoltaïque résidentiel ont doublé, ceux concernant le GPL ont progressé de 77 %, et les dossiers visant Enedis sont en hausse. Pour un particulier, le signal est clair : le risque de conflit ne se limite plus à une erreur de facture d’électricité ou de gaz. Il peut aussi concerner un équipement installé chez soi, un financement ou la qualité d’un service lié à l’énergie.
Ce qui change exactement
Le rapport distingue 28 076 litiges enregistrés et 10 475 saisines adressées au médiateur national de l’énergie. Parmi ces saisines, 6 545 ont été déclarées recevables. Ces catégories ne doivent donc pas être confondues : le total des litiges traités ou signalés est plus large que le nombres entrant dans la procédure de médiation.
Le recul de 10 % des saisines par rapport à 2024 est une tendance générale. Mais plusieurs secteurs évoluent à contre-courant. Les litiges dans le photovoltaïque ont doublé. Ils portent notamment sur le démarchage, des installations dont la production ne répond pas aux attentes et les montages de financement associés. Le rapport ne donne pas de montant moyen de préjudice ni de nombre préciss photovoltaïques : il n’est donc pas possible de chiffrer une perte moyenne par foyer concerné.
Le GPL constitue l’autre point de vigilance, avec une hausse de 77 % des litiges. PRIMAGAZ concentre 638 saisines, dont environ 500 recevables, soit une hausse de 85 % sur un an. Le médiateur attribue à PRIMAGAZ un « carton rouge » pour la deuxième année consécutive.
JPME reçoit également ce « carton rouge » pour la deuxième année de suite. Cette appréciation vise la qualité des pratiques observées dans les litiges et non le niveau du prix du kWh ou de l’abonnement. Elle ne permet donc pas, à elle seule, de calculer l’écart de facture entre deux offres.
Enfin, le médiateur relève une hausse notable des saisines visant Enedis et une complexité technique croissante des dossiers. Aucun volume précis n’est publié pour ces saisines dans les éléments disponibles. Le constat compte néanmoins pour les clients : lorsqu’un différend implique le réseau, le compteur ou une question technique, le traitement peut être plus difficile à comprendre qu’un désaccord portant uniquement sur une facture de fourniture.
Pourquoi
La baisse des saisines ne signifie pas que tous les problèmes ont diminué. Le rapport fait surtout apparaître un déplacement des litiges vers des contrats plus complexes. Dans le photovoltaïque résidentiel, un même projet peut associer une vente à domicile, une promesse de production, l’installation de panneaux et un crédit. Le désaccord ne porte alors pas nécessairement sur une seule facture, mais sur plusieurs engagements pris lors de la signature.
Le GPL suit une trajectoire différente, avec une nette hausse des dossiers. Les chiffres publiés montrent l’ampleur de la progression, mais ne permettent pas d’identifier une cause unique ni de déterminer le coût moyen des litiges pour les clients concernés.
Pour l’électricité, les dossiers impliquant Enedis illustrent aussi la part croissante des sujets techniques. Le médiateur constate cette évolution, sans détailler dans les données publiées le montant moyen des réclamations ni la répartition des motifs. Un foyer ne doit donc pas conclure qu’un problème de compteur ou de réseau entraînera automatiquement un remboursement : tout dépend individuel.
Le médiateur national de l’énergie intervient après une première démarche auprès du professionnel concerné. La saisine est gratuite lorsque le fournisseur n’a pas répondu au bout de deux mois. Cette étape ne remplace pas la réclamation initiale : elle s’y ajoute lorsque celle-ci reste sans réponse. Le rapport ne modifie pas les contrats existants et n’annonce aucune indemnisation automatique pour les clients des entreprises citées.
Ce que ça change sur votre facture
La publication du rapport n’entraîne pas de hausse ou de baisse automatique de la facture d’électricité. Au 1er août 2026, un client au tarif réglementé en 6 kVA option Base paie 0,2001 euro TTC par kWh et 190,32 euros TTC d’abonnement annuel. Ces montants ne sont pas modifiés par le rapport du médiateur : l’effet direct sur cette facture est donc de 0 euro.
En revanche, l’enjeu financier peut être individuel lorsqu’un litige porte sur une facturation contestée, un contrat ou une prestation. Le montant exact dépend alors du contrat signé, des sommes facturées et de la réponse du professionnel. Le rapport ne publie pas de montant moyen de facture corrigée, de remboursement obtenu ou de préjudice reconnu. Il serait donc trompeur d’annoncer une économie type pour un foyer ayant saisi le médiateur.
Pour un ménage équipé de panneaux solaires, le risque signalé ne concerne pas forcément la facture d’électricité du fournisseur. Il peut concerner la vente de l’installation, la production attendue ou son financement. Pour un client au GPL, la hausse des litiges ne permet pas non plus de déduire une hausse moyenne de la dépense annuelle : le rapport ne fournit pas ce chiffrage.
Le bénéfice concret de la médiation est d’ouvrir une voie gratuite après l’échec d’une première réclamation. Cela peut permettre de faire examiner un dossier, mais ce n’est ni une garantie de remboursement ni un mécanisme de plafonnement des prix.
Ce que vous pouvez faire
En cas de facture contestée, de problème contractuel ou de désaccord sur une prestation énergétique, commencez par adresser une réclamation au professionnel concerné. Conservez une copie datée de cet échange ainsi que les factures, contrats et éléments utiles au différend. Si aucune réponse n’est apportée dans les deux mois, la saisine du médiateur national de l’énergie est gratuite.
Pour un projet photovoltaïque, relisez les engagements écrits sur la production annoncée, le coût total et le financement avant toute signature. Les litiges photovoltaïques recensés ont doublé en un an : une promesse commerciale ou une estimation de production doit pouvoir être confrontée aux documents contractuels. Le rapport ne permet pas d’affirmer qu’un type d’installation ou de financement est systématiquement problématique, mais il justifie une vigilance renforcée.
À compter du 11 août 2026, le démarchage téléphonique sans consentement préalable sera interdit. Dans le domaine de la rénovation énergétique, le démarchage sera interdit par principe, y compris par SMS, courriel et réseaux sociaux. Un contrat conclu à la suite d’un démarchage illégal sera nul. Cette règle ne règle pas automatiquement les litiges déjà nés, mais elle renforce la protection pour les sollicitations futures.
Si le problème concerne Enedis, décrivez précisément le désaccord dans votre réclamation : la hausse des saisines et la technicité croissante des dossiers montrent que l’objet du litige doit être identifié clairement dès le départ. Enfin, les « cartons rouges » attribués à PRIMAGAZ et JPME doivent être lus comme des alertes sur les litiges observés. Ils ne dispensent pas de comparer les conditions contractuelles, les prix et les modalités de service avant de souscrire ou de changer de fournisseur.
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