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TURPE 7 : +3,04 % pour Enedis, +3,34 % pour RTE

Au 1er août 2026, les tarifs de réseau progressent de 3,04 % pour Enedis et 3,34 % pour RTE. Leur effet sur le tarif réglementé approche 1 % TTC sur le TRV.

Techniciens devant un coffret électrique sous une ligne à haute tension.

Depuis le 1er août 2026, le coût d’utilisation des réseaux d’électricité augmente. Le TURPE 7, le tarif qui finance l’acheminement de l’électricité, progresse de 3,04 % pour la distribution assurée par Enedis et de 3,34 % pour le transport assuré par RTE. Pour un particulier au tarif réglementé, cette évolution ne signifie pas une hausse de 3 % de toute la facture : son effet est évalué à environ +1 % TTC sur le TRV. C’est l’un des éléments de la hausse moyenne de 2,5 % TTC appliquée au Tarif Bleu à cette même date.

Ce qui change exactement

La Commission de régulation de l’énergie a délibéré le 21 mai 2026 sur l’évolution annuelle du TURPE 7, avec une application au 1er août 2026.

Le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité augmente de 3,04 % sur le périmètre HTA-BT, celui de la distribution exploitée notamment par Enedis. Il augmente de 3,34 % sur le périmètre HTB, correspondant au transport exploité par RTE. Ces deux pourcentages ne s’additionnent pas sur la facture d’un ménage : ils s’appliquent à des niveaux distincts du réseau électrique.

Pour les particuliers, le changement se retrouve dans le prix final de l’électricité, et non sous la forme d’un supplément que l’on pourrait éviter en changeant de fournisseur. L’acheminement représente environ un tiers de la facture d’électricité. Cette part est régulée : elle est commune aux clients raccordés dans une même zone, qu’ils aient souscrit chez EDF ou chez un fournisseur alternatif.

Au 1er août 2026, le tarif réglementé en option Base 6 kVA est fixé à 0,2001 € TTC par kWh et à 190,32 € TTC par an pour l’abonnement. La hausse du TURPE contribue à ce niveau de prix, mais elle n’en est pas le seul déterminant. Le TRV augmente au total de 2,5 % TTC en moyenne en août, soit environ 26 € par an pour un foyer-type consommant 4,5 MWh par an.

Pourquoi

La principale raison avancée pour la hausse de la distribution est la chute des volumes d’électricité acheminés pendant l’hiver doux 2025. Quand moins d’électricité transite sur le réseau, les recettes d’acheminement diminuent. Pour Enedis, cet écart a représenté un manque à gagner de 231,6 millions d’euros.

Ce montant est rattrapé via le compte de régularisation des charges et des produits, le CRCP. Ce mécanisme permet de corriger les écarts entre les recettes prévues pour le gestionnaire de réseau et les recettes réellement perçues. Le principe est simple : un volume acheminé plus faible que prévu ne fait pas disparaître les coûts du réseau ; la différence est régularisée dans l’évolution tarifaire suivante.

La hausse de 3,04 % du TURPE de distribution ne correspond donc pas à une hausse de 3,04 % de la facture totale. Elle porte sur une composante qui pèse environ un tiers de la dépense d’électricité. C’est ce qui explique un effet estimé autour de 1 % TTC sur le tarif réglementé.

Le chiffrage de 231,6 millions d’euros concerne Enedis. Aucun montant équivalent n’est indiqué ici pour RTE. Il n’est donc pas possible de répartir précisément, euro par euro, la hausse finale entre le transport et la distribution pour un ménage donné.

Cette évolution arrive en même temps que d’autres mouvements sur le TRV : l’intégration du nouveau mécanisme de capacité pousse le tarif à la hausse, tandis que la baisse de l’accise sur l’électricité, passée de 30,85 à 30,62 €/MWh au 1er août 2026, amortit partiellement le résultat final.

Ce que ça change sur votre facture

L’ordre de grandeur à retenir est d’environ 1 % TTC sur le tarif réglementé du fait de la seule évolution du TURPE. Sur une facture annuelle de 1 072 €, correspondant au foyer-type de 4,5 MWh retenu pour mesurer le nouveau TRV, 1 % représente environ 10,72 €, soit près de 11 € TTC par an.

Ce montant n’est pas un forfait identique pour tous les ménages. La facture dépend notamment de la consommation, de la puissance souscrite et de l’option tarifaire choisie. L’abonnement et les kWh ne pèsent pas dans les mêmes proportions selon le profil du logement. Le supplément exact pour une consommation donnée ne peut donc pas être déduit du seul taux de +3,04 % appliqué au TURPE de distribution.

Pour éviter une erreur fréquente, il ne faut pas transformer la hausse de 3,04 % d’Enedis en hausse de 3,04 % de sa dépense annuelle d’électricité. L’acheminement ne constitue qu’une partie de la facture, aux côtés de la fourniture d’électricité et des taxes. De même, les 3,04 % d’Enedis et les 3,34 % de RTE ne doivent pas être cumulés pour obtenir une hausse de 6,38 % pour les particuliers.

Le tarif réglementé a augmenté de 2,5 % TTC en moyenne au 1er août 2026. Le TURPE en explique environ un point de pourcentage. Les autres composantes, notamment le mécanisme de capacité, expliquent le reste, alors que la légère baisse de l’accise limite partiellement la hausse.

La TVA s’applique à 20 % sur l’ensemble de la facture d’électricité depuis le 1er août 2025. Les effets annoncés ici sont déjà exprimés TTC pour le TRV : les comparer directement à une facture payée par le ménage est donc possible.

Ce que vous pouvez faire

Changer de fournisseur ne supprime pas cette hausse de réseau. Le TURPE finance l’acheminement de l’électricité jusqu’au logement et s’applique indépendamment de l’offre choisie. Une offre de marché peut avoir un prix de fourniture différent, mais elle ne permet pas de retirer la part régulée d’acheminement de la facture.

Comparer les offres reste utile, à condition de regarder le coût annuel total : prix du kWh, abonnement, durée du prix annoncé et éventuelle indexation sur le tarif réglementé. Une offre indexée sur le TRV suit les évolutions de ce tarif, dont l’effet lié au TURPE. Une comparaison fondée uniquement sur une remise affichée sur le kWh ne permet pas d’évaluer toute la dépense, en particulier pour les petits consommateurs dont l’abonnement pèse davantage.

La réduction de la consommation peut diminuer la partie variable de la facture, mais elle n’annule pas la hausse du TURPE ni les éléments fixes liés à l’abonnement. Le gain réel dépend des usages électriques du logement.

Les clients concernés par le déplacement de leurs heures creuses doivent aussi distinguer les deux sujets. La réforme des heures creuses ne réduit pas le TURPE, mais elle peut modifier le coût de certains usages si un ballon d’eau chaude, une recharge de véhicule électrique ou un appareil programmable reste déclenché hors des nouveaux créneaux avantageux. Enedis informe les clients dont les horaires sont modifiés : vérifier cette notification et reprogrammer les équipements compatibles évite de consommer en heures pleines par défaut.

Enfin, la hausse du réseau s’applique depuis le 1er août 2026. Sur la première facture couvrant cette période, le montant peut être calculé au prorata des jours avant et après cette date. Une comparaison fiable suppose donc de regarder une période complète de consommation, plutôt qu’une seule facture de transition.

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