Renouvelables
Le solaire dépasse l'hydraulique après 5,9 GW raccordés
En 2025, 5,9 GW de solaire ont été raccordés en France. Avec 30,4 GW installés, le photovoltaïque dépasse l'hydraulique et déplace les usages électriques.
Le photovoltaïque français a ajouté 5,9 GW de puissance raccordée en 2025, un record après les 4,7 GW enregistrés en 2024. Le parc solaire atteint ainsi 30,4 GW fin 2025. Il dépasse pour la première fois l’hydraulique en puissance installée. La production photovoltaïque s’élève à 32,9 TWh sur l’année, soit 33 % de plus qu’en 2024. Pour les ménages, ce changement ne crée pas une baisse automatique de facture, mais il modifie progressivement les heures où l’électricité est la plus abondante sur le réseau.
Ce qui change exactement
Les 5,9 GW annoncés correspondent à de nouvelles installations photovoltaïques raccordées au réseau électrique au cours de 2025. Un gigawatt, ou GW, mesure une puissance : il indique la capacité maximale théorique des équipements à produire à un instant donné. Le total de 30,4 GW décrit donc la taille du parc solaire français fin 2025.
Ce niveau place désormais le photovoltaïque devant l’hydraulique en puissance installée. Le montant exact de l’écart entre les deux filières n’est pas précisé ici. Cette comparaison ne signifie pas que le solaire a produit davantage d’électricité que les barrages en 2025 : une capacité exprimée en GW ne se compare pas directement à une production annuelle exprimée en térawattheures, ou TWh.
La production solaire a atteint 32,9 TWh en 2025. C’est 33 % de plus qu’en 2024. Cette hausse reflète à la fois l’augmentation du parc raccordé et la contribution des installations déjà en service.
Le solaire s’inscrit dans une progression plus large des renouvelables. Plus de 7 GW d’énergies renouvelables ont été raccordés en un an, portant le parc renouvelable total à 86 GW. Les renouvelables ont couvert 32,5 % de la consommation électrique nationale en 2025, contre 31,3 % en 2024. Cette part concerne l’ensemble des filières renouvelables, et ne peut donc pas être attribuée au seul photovoltaïque.
Pourquoi
Le réseau électrique doit être équilibré à chaque instant : la quantité produite doit correspondre à la quantité consommée, en tenant compte des échanges avec l’extérieur. Or la production solaire est concentrée sur les heures de journée, avec un maximum généralement situé autour de la mi-journée.
Lorsque de très nombreuses installations produisent simultanément, l’électricité disponible devient plus abondante sur ces créneaux. C’est l’un des facteurs qui expliquent les prix de gros négatifs observés à midi : dans certaines heures, l’offre d’électricité dépasse les besoins immédiats du système. Un prix de gros négatif ne veut toutefois pas dire qu’un particulier au tarif classique est payé pour consommer.
Cette évolution explique aussi la réforme des heures creuses engagée par Enedis. Les huit heures creuses quotidiennes restent garanties, mais elles sont progressivement déplacées vers les périodes où le réseau a davantage besoin de consommation. Le nouveau cadre prévoit au moins cinq heures consécutives la nuit, entre 23 heures et 7 heures, et jusqu’à trois heures l’après-midi, entre 11 heures et 17 heures.
La première phase a concerné 1,7 million de clients, avec des bascules achevées en juin 2026. Une seconde phase doit toucher 9,3 millions de clients supplémentaires à partir du second semestre 2026 et jusqu’en octobre 2027. Tous les foyers en option Heures Pleines-Heures Creuses ne changent donc pas d’horaires au même moment.
Le mécanisme est simple : plutôt que d’inciter uniquement à consommer la nuit, le réseau cherche aussi à déplacer une partie des usages flexibles vers l’après-midi, lorsque le photovoltaïque produit. Cela peut concerner le chauffe-eau, la recharge d’un véhicule électrique ou certains appareils programmables, à condition que leur fonctionnement soit adapté aux nouveaux créneaux.
Ce que ça change sur votre facture
La hausse du parc solaire français ne se traduit pas par une remise dédiée sur la facture. À contrat, option tarifaire et consommation inchangés, le montant directement identifiable sur une facture du seul fait des 5,9 GW raccordés en 2025 est de 0 €.
Au tarif réglementé de vente applicable depuis le 1er août 2026, un client en option Base avec une puissance de 6 kVA paie 0,2001 € TTC par kWh et 190,32 € TTC d’abonnement annuel. Ces montants ne baissent pas automatiquement lorsque la production solaire nationale augmente.
Pour trois profils en option Base, le constat est le même :
- un foyer consommant 2 000 kWh par an ne bénéficie d’aucune réduction automatique liée au record solaire de 2025 ;
- un foyer consommant 4 500 kWh par an ne reçoit pas non plus de baisse spécifique du fait de cette capacité raccordée ;
- un foyer consommant 8 000 kWh par an reste facturé selon le prix de son contrat, et non selon la production solaire nationale à midi.
L’effet peut devenir plus concret pour les clients en option Heures Pleines-Heures Creuses dont les horaires sont modifiés. Consommer pendant une nouvelle plage creuse de l’après-midi peut coûter moins cher que consommer aux heures pleines, mais l’économie exacte dépend du prix heures creuses prévu par le contrat, des horaires notifiés et des appareils réellement déplacés. Sans ces éléments, aucun gain annuel en euros ne peut être calculé sérieusement.
Les clients en option Base ne paient pas un prix différent selon l’heure : déplacer le lave-linge ou le chauffe-eau à midi ne change donc pas le prix du kWh sur leur facture. Pour eux, l’intérêt des nouvelles heures solaires concerne surtout les foyers disposant de leur propre installation photovoltaïque et capables d’utiliser directement leur production.
Ce que vous pouvez faire
Commencez par vérifier votre option tarifaire sur votre facture. Si vous êtes en option Base, vos horaires de consommation ne modifient pas le prix du kWh. Si vous êtes en option Heures Pleines-Heures Creuses, regardez les créneaux figurant sur votre contrat et les éventuelles informations reçues lors d’un changement d’horaires.
Si Enedis ou votre fournisseur vous notifie une nouvelle répartition, reprogrammez les équipements qui peuvent fonctionner sans surveillance. Le point à contrôler est que le chauffe-eau, la recharge d’un véhicule électrique ou les appareils programmables suivent bien les heures creuses réellement appliquées à votre compteur. Conserver une programmation sur d’anciens créneaux peut conduire à consommer en heures pleines sans le savoir.
Si vous possédez déjà des panneaux solaires, consommer davantage pendant vos propres heures de production peut réduire les achats d’électricité au réseau. Le gain dépend cependant de la puissance installée, de la production effective, de l’orientation des panneaux et des usages du foyer. Le record national de raccordements ne permet pas, à lui seul, d’estimer cette économie.
Enfin, ne confondez pas prix de gros négatifs et électricité gratuite pour les particuliers. Le prix payé dépend de l’offre souscrite. Une offre classique au tarif réglementé ou à prix fixe continue d’appliquer son prix contractuel, même lorsqu’une forte production solaire fait baisser les prix de gros à certaines heures.
Pour aller plus loin
- Autoconsommation collective : principe, cadre et déploiement Rejoignez ou créez une autoconsommation collective : périmètre 2026, PMO, partage des kWh, coûts et économies réellement possibles pour votre facture.
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