Tarifs & prix

TRV : −0,83 % en février 2026, mais Tempo et EJP montent

Au 1er février 2026, le TRV baisse de 0,83 % en moyenne : 9 € de moins par an pour 4,5 MWh. Mais les options Tempo et EJP affichent une hausse notable.

Main réglant le chauffage électrique près d’un compteur dans un couloir.

Le tarif réglementé de vente de l’électricité, ou TRV, baisse de 0,83 % TTC en moyenne au 1er février 2026. La diminution représente 1,99 € TTC par MWh. Pour la consommation de référence de 4,5 MWh par an, la facture annuelle passe de 1 051 € à 1 042 €, soit 9 € de moins sur douze mois. Ce résultat moyen masque toutefois de très forts écarts entre les options tarifaires : les clients Tempo et EJP ne bénéficient pas de cette baisse et font face, selon les estimations de marché, à une hausse.

Ce qui change exactement

La CRE a publié le 20 janvier 2026 sa proposition d’évolution des tarifs réglementés, appliquée au 1er février. L’évolution annoncée est une baisse moyenne de 0,83 % TTC pour les consommateurs concernés par le TRV.

Exprimée en montant unitaire, cette évolution correspond à −1,99 € TTC/MWh. C’est un écart limité : sur une année complète, la facture type retenue par la CRE, fondée sur 4,5 MWh de consommation annuelle, recule de 9 €.

Le chiffre de −0,83 % ne décrit pas la situation de tous les abonnés. Les évolutions estimées diffèrent nettement selon l’option choisie :

Option tarifaireÉvolution estimée au 1er février 2026
Base−0,3 %
Heures Creuses−1,7 %
Tempo+6,2 %
EJP+3,3 %

Pour un client en option Base, la baisse est donc presque imperceptible. Elle est davantage visible en Heures Creuses, sans pour autant représenter une forte économie annuelle. À l’inverse, la hausse estimée pour Tempo et EJP contraste avec le message général de stabilité ou de légère baisse du TRV.

Les chiffres relatifs aux options sont des estimations de marché. Le montant exact payé par un foyer Tempo ou EJP dépend de son profil de consommation et de la répartition de ses usages selon les périodes tarifaires. Un pourcentage global ne suffit donc pas à calculer l’effet précis sur chaque facture.

Pourquoi

La quasi-stabilité de février résulte notamment de deux mouvements fiscaux opposés. Le premier allège la partie fixe de la facture, celle qui est liée à l’abonnement. Le second renchérit chaque MWh consommé.

La contribution tarifaire d’acheminement, ou CTA, est ramenée de 21,93 % à 15 % de la part fixe du TURPE. Le TURPE correspond à la tarification d’utilisation des réseaux publics d’électricité. Cette baisse de CTA représente environ 10 € par an de moins sur l’abonnement pour un ménage type.

En parallèle, l’accise sur l’électricité augmente de 29,98 € à 30,85 € par MWh au 1er février 2026. Cela représente une hausse de 0,87 € par MWh. Pour un foyer de référence, l’effet est évalué à environ 5 € supplémentaires par an.

Autrement dit, la baisse de CTA favorise surtout les foyers via la part fixe de leur contrat, tandis que la hausse de l’accise pénalise directement la consommation. Un ménage qui consomme peu profite relativement davantage de l’allégement de l’abonnement. Un foyer qui consomme davantage subit plus fortement la hausse de l’accise, puisqu’elle est calculée par MWh consommé.

Tous les montants annoncés sont TTC. La TVA s’applique à 20 % sur l’intégralité de la facture d’électricité, abonnement et consommation compris, depuis le 1er août 2025. Une évolution fiscale ou tarifaire est donc elle aussi majorée de TVA avant d’apparaître sur la somme effectivement réglée.

La baisse moyenne de 0,83 % n’est donc pas synonyme d’une diminution uniforme du prix payé par tous les clients. Elle résulte d’un équilibre global entre composantes fixes, taxes et grilles tarifaires propres aux différentes options.

Ce que ça change sur votre facture

Le repère le plus concret est la facture annuelle de 4,5 MWh : 1 051 € avant l’évolution de février, puis 1 042 € après. Le gain est de 9 € sur un an, soit moins d’un euro par mois en moyenne.

Pour les abonnés en Base, l’évolution estimée à −0,3 % signifie une facture pratiquement stable. La baisse existe, mais elle restera difficile à distinguer sur une mensualité, notamment parce que les consommations varient d’un mois à l’autre.

En Heures Creuses, le recul estimé de 1,7 % est plus favorable. Son effet exact dépend toutefois de la part de consommation réellement effectuée pendant les heures creuses. Deux foyers titulaires de la même option peuvent donc constater des écarts de facture différents.

La situation est plus défavorable pour Tempo et EJP. Avec des hausses estimées respectivement à 6,2 % et 3,3 %, ces abonnés ne doivent pas se fier au seul chiffre de −0,83 % mis en avant pour l’ensemble du TRV. Le montant supplémentaire ne peut pas être déterminé à partir du seul pourcentage : il dépend de la consommation annuelle et de sa répartition entre les périodes prévues par ces options.

Pour ces clients, la baisse de CTA sur l’abonnement ne compense donc pas nécessairement l’évolution des prix appliqués selon les périodes de consommation. C’est le principal point de vigilance de cette révision : une moyenne nationale en légère baisse peut coexister avec une hausse nette pour certaines grilles tarifaires.

Ce que vous pouvez faire

Commencez par identifier votre option sur votre facture ou votre espace client : Base, Heures Creuses, Tempo ou EJP. C’est cette information, et non le seul titre annonçant une baisse du TRV, qui permet de savoir dans quel sens votre facture est susceptible d’évoluer.

Comparez ensuite le montant annuel estimé de votre contrat plutôt qu’une seule mensualité. Une facture d’hiver peut être plus élevée qu’une facture d’été même lorsque le tarif baisse, simplement parce que les usages électriques changent au fil de l’année. Le total annuel et la consommation en MWh donnent un repère plus fiable.

Les clients en Heures Creuses ont intérêt à vérifier la part de leurs usages réalisée dans cette plage tarifaire avant d’évaluer l’intérêt de leur option. Le gain affiché pour cette option ne signifie pas qu’elle est automatiquement plus avantageuse pour tous les profils.

Les abonnés Tempo et EJP doivent contrôler avec attention leur première facture intégrant les tarifs de février 2026. La hausse annoncée étant exprimée en moyenne, la comparaison avec une facture antérieure doit tenir compte de la consommation réellement enregistrée sur les différentes périodes.

Enfin, une évolution du TRV ne permet pas à elle seule de conclure qu’une offre de marché est moins chère ou plus chère. Pour comparer des contrats, il faut examiner simultanément le prix de l’abonnement, le prix du kWh, l’option tarifaire et sa propre consommation annuelle. Les données disponibles pour cette évolution de février ne permettent pas de chiffrer un gain éventuel en changeant de fournisseur.

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