Économies d'énergie · Guide pratique

Combien consomme une VMC qui tourne 24 h/24, et faut-il l'éteindre pour économiser ?

La ventilation consomme en moyenne 230 kWh par an dans les logements mesurés par l'ADEME, soit environ 46 € au Tarif Bleu. Le calcul watt par watt, l'écart entre simple flux et double flux, et pourquoi l'éteindre est la pire économie du logement.

9 min de lecture Mis à jour le La rédaction ÉlectricitéPasCher
Une personne vérifie le souffle continu d’une bouche de VMC.

Une VMC est le seul appareil du logement qui ne s’arrête jamais : 8 760 heures de fonctionnement par an. Dans les logements suivis par le panel ElecDom de l’ADEME, la ventilation consomme en moyenne environ 230 kWh par an, soit à peu près 46 € au Tarif Bleu Base à 0,2001 €/kWh, la moitié des installations mesurées reste même sous 217 kWh (43 €). C’est moins qu’un congélateur. Mais l’écart entre installations va de quelques kWh à plus de 850 kWh par an : autant dire que la vôtre peut coûter 5 € comme 170 €. Voici comment situer la vôtre, et pourquoi la « solution » la plus répandue, l’éteindre, est la pire de toutes.

Ce que montrent les mesures réelles de l’ADEME

Le panel ElecDom de l’ADEME instrumente une centaine de logements représentatifs du parc français et enregistre la consommation de chaque départ du tableau électrique. Sur les 55 logements où la ventilation est suivie, les données publiées en open data dessinent trois enseignements :

Indicateur mesuré (ventilation)Consommation annuelleCoût au Tarif Bleu Base
Logement médian217 kWh43 €
Moyenne du panel≈ 230 kWh46 €
Logement le plus énergivore857 kWh171 €

Coûts calculés à 0,2001 €/kWh TTC (Tarif Bleu Base, 1er août 2026), hors abonnement. Source des mesures : ADEME, panel ElecDom, données de consommation annuelle.

Premier enseignement : pour la majorité des logements, la VMC est un poste modeste, de l’ordre de 40 à 50 € par an. Deuxième enseignement : la queue de distribution est longue, un moteur ancien, encrassé ou surdimensionné peut coûter trois à quatre fois la médiane sans que rien ne le signale. Troisième enseignement : contrairement au lave-linge ou au four, vous ne pouvez pas jouer sur la fréquence d’usage. Toute l’optimisation se joue sur le matériel et son entretien.

La règle de calcul : 1 watt permanent = 1,75 € par an

Pour un appareil qui tourne sans interruption, la conversion est mécanique : 1 watt appelé en continu représente 8,76 kWh sur l’année, soit 1,75 € au Tarif Bleu Base. D’où une table de correspondance qui permet de situer n’importe quel groupe de ventilation à partir de la puissance inscrite sur sa plaque ou sa notice :

Puissance moyenne appeléeConsommation annuelleCoût annuel
10 W88 kWh17,53 €
15 W131 kWh26,29 €
25 W219 kWh43,82 €
50 W438 kWh87,64 €
80 W701 kWh140,23 €

La médiane du panel ElecDom (217 kWh) correspond ainsi à un appel moyen d’environ 25 W, l’ordre de grandeur d’un groupe simple flux récent en petite vitesse. Les 857 kWh du logement le plus énergivore correspondent à près de 100 W en continu : c’est le territoire des moteurs anciens ou des installations qui tournent en grande vitesse en permanence. Pour convertir vos propres relevés en euros, notre convertisseur kWh, watts et euros fait le calcul dans les deux sens.

Autoréglable ou hygroréglable : d’où vient l’écart

La VMC simple flux autoréglable extrait des débits constants, quelles que soient l’occupation et l’humidité du logement. La version hygroréglable fait varier les débits selon l’humidité intérieure : bouches d’extraction hygroréglables et entrées d’air autoréglables pour l’hygro A, les deux hygroréglables pour l’hygro B.

L’économie d’électricité du ventilateur, qui tourne moins vite quand le logement est sec, est réelle mais secondaire. Le vrai gisement est ailleurs, et l’ADEME le formule précisément : en évacuant l’air humide plus vite et en limitant les débits le reste du temps, l’hygroréglable limite les gaspillages, c’est-à-dire les mètres cubes d’air que vous avez payé pour chauffer et que la ventilation expulse dehors. En hiver, chaque m³ d’air extrait est remplacé par un m³ d’air froid à réchauffer : réduire le débit quand personne ne cuisine ni ne se douche, c’est réduire d’abord la facture de chauffage.

Côté investissement, l’ADEME chiffre la fourniture et pose en maison neuve à environ 500 € HT pour une autoréglable et 800 € HT pour une hygroréglable, et de 1,5 à 2 fois ces montants en rénovation.

Double flux : plus d’électricité, moins de chauffage, le solde dépend de votre isolation

La VMC double flux ajoute un second réseau qui insuffle de l’air neuf préchauffé par un échangeur : elle récupère 70 % de la chaleur de l’air extrait, jusqu’à 90 % pour les systèmes les plus performants, et l’ADEME chiffre l’économie de chauffage à 7 à 10 %.

L’exemple chiffré, pour une maison chauffée à l’électricité qui consomme 9 000 kWh de chauffage par an : 7 à 10 % représentent 630 à 900 kWh évités, soit 126 à 180 € par an au Tarif Bleu. En face, trois postes : deux ventilateurs au lieu d’un (la consommation propre de ventilation augmente), un investissement d’environ 2 300 € HT posé en neuf, 1,5 à 2 fois plus en rénovation, et un entretien plus exigeant, avec des filtres à changer 1 à 2 fois par an. Même dans l’hypothèse haute, l’amortissement de l’équipement se compte en dizaine d’années ; MaPrimeRénov’ peut réduire la mise selon vos revenus.

La condition posée par l’ADEME mérite d’être prise au sérieux : la récupération de chaleur n’a de sens que dans un logement bien isolé, où la ventilation représente une part importante des déperditions restantes. Dans une passoire thermique, les 7 à 10 % s’appliquent à un chauffage énorme qui fuit d’abord par les murs et le toit : commencez par les travaux d’isolation qui rapportent vraiment, la double flux vient après.

Éteindre sa VMC : 15 € d’économie, des centaines d’euros de risque

C’est la fausse bonne idée la plus répandue. Le calcul paraît imparable : pourquoi payer 44 € par an pour un appareil qu’on n’entend même pas ? Trois raisons de ne pas le faire.

D’abord, la réglementation : l’arrêté du 24 mars 1982 impose une aération générale et permanente des logements, avec des débits d’extraction minimaux, de 75 m³/h en cuisine pour un logement d’une pièce à 135 m³/h pour cinq pièces et plus. Une VMC coupée met le logement hors de ce cadre.

Ensuite, l’argent : couper la VMC 8 heures par nuit sur un groupe de 25 W économise 73 kWh par an, soit environ 15 €. Couper en journée en votre absence rapporte à peine plus. Ce sont les ordres de grandeur d’une ampoule oubliée, pas d’un poste de facture.

Enfin, les dégâts : sans extraction, l’humidité produite par la cuisine, les douches et la respiration se condense sur les parois froides. Condensation, moisissures, papiers peints qui se décollent : l’ADEME cite précisément ces signes comme symptômes d’un air mal renouvelé. Traiter une pièce moisie coûte sans commune mesure plus cher que les 15 € « économisés », sans compter l’effet sur la santé respiratoire des occupants. La consigne de l’ADEME est sans nuance : une VMC ne s’éteint pas, même pendant les absences.

L’entretien qui maintient la consommation au niveau prévu

Une VMC encrassée ventile moins et consomme autant, voire davantage, et c’est le chemin le plus court vers la queue de distribution à 850 kWh du panel ElecDom. Le programme d’entretien tient en quatre gestes, tous validés par l’ADEME :

  • Dépoussiérer les entrées d’air des pièces de vie, à l’aspirateur ou au chiffon, en remontant les capots dans le bon sens.
  • Laver les bouches d’extraction de la cuisine, de la salle de bains et des WC, les modèles autoréglables et hygroréglables passent au lave-vaisselle ou à l’eau chaude savonneuse, sans jamais mouiller les parties fixes.
  • Changer les filtres d’une double flux 1 à 2 fois par an, notamment après la saison des pollens.
  • Faire contrôler le groupe quand la VMC devient bruyante : ce n’est pas normal, prévient l’ADEME, installation mal conçue, encrassement ou pales déformées. Comptez environ 130 € pour une intervention d’entretien quand l’accès est simple et les combles sécurisés.

Deux vérifications à faire ce week-end, sans outil : une feuille de papier toilette approchée de chaque bouche d’extraction doit s’y plaquer, sinon, le débit est insuffisant, et les portes intérieures doivent laisser passer l’air en dessous, 1 cm en général, 2 cm pour la cuisine. Si tout est en ordre, votre VMC fait son travail pour 40 à 50 € par an : à ce prix, laissez-la tourner, et gardez votre énergie pour les postes qui pèsent vraiment, le comparatif appareil par appareil montre où se cachent les vraies économies.

Questions fréquentes

Combien consomme une VMC en électricité par an ?

Dans les logements suivis par le panel ElecDom de l'ADEME, la ventilation consomme en moyenne environ 230 kWh par an, soit à peu près 46 € au Tarif Bleu Base à 0,2001 €/kWh. La moitié des logements mesurés reste sous 217 kWh par an (43 €). L'écart entre installations est énorme : le logement le plus énergivore du panel dépasse 850 kWh par an, soit plus de 170 €, souvent le signe d'un moteur ancien, encrassé ou surdimensionné.

Faut-il éteindre sa VMC la nuit ou pendant les vacances pour économiser ?

Non. L'ADEME est explicite : une VMC doit fonctionner en permanence pour évacuer l'humidité et les polluants, et l'arrêté du 24 mars 1982 impose une ventilation générale et permanente des logements. L'enjeu financier ne le justifie pas : couper la VMC 8 heures par nuit sur un groupe de 25 W économise environ 15 € par an, à comparer aux dégâts d'une humidité mal évacuée, condensation, moisissures, papiers peints décollés, qui coûtent bien davantage à traiter.

Une VMC hygroréglable consomme-t-elle moins qu'une autoréglable ?

Oui, sur deux tableaux. Ses bouches modulent le débit selon l'humidité : le ventilateur tourne moins vite quand le logement est sec, ce qui réduit sa consommation propre. Surtout, elle expulse moins d'air chauffé en hiver, l'ADEME souligne que cette limitation des gaspillages est sa vraie source d'économies. À l'achat, l'ADEME chiffre l'écart à environ 300 € HT en maison neuve : 800 € contre 500 € pour une autoréglable.

Une VMC double flux fait-elle vraiment baisser la facture ?

Elle fait baisser le chauffage et monter l'électricité de ventilation. L'ADEME chiffre l'économie de chauffage à 7 à 10 % grâce à la récupération de 70 % de la chaleur de l'air extrait (jusqu'à 90 % pour les meilleurs systèmes). Pour 9 000 kWh de chauffage électrique, cela représente 630 à 900 kWh évités, soit 126 à 180 € par an. En face : deux ventilateurs au lieu d'un, et un investissement d'environ 2 300 € HT posé en neuf, 1,5 à 2 fois plus en rénovation. L'ADEME réserve ce choix aux logements bien isolés.

Ma VMC est bruyante, est-ce qu'elle consomme plus ?

Une VMC bruyante n'est pas normale, prévient l'ADEME : installation mal conçue, éléments encrassés ou pales déformées. L'encrassement dégrade le débit et le rendement du moteur, l'appareil travaille plus pour ventiler moins. Avant d'envisager un remplacement, dépoussiérez les entrées d'air, lavez les bouches d'extraction et faites contrôler le groupe : l'ADEME évalue une intervention d'entretien à environ 130 € quand l'accès est simple.

Peut-on mesurer ce que consomme sa propre VMC ?

Rarement à la prise, car le groupe est câblé au tableau. La méthode la plus simple : relever la puissance indiquée sur la plaque du moteur ou la notice, puis multiplier par 8 760 heures. Un groupe de 35 W représente ainsi 307 kWh et environ 61 € par an. Sur un compteur Linky, une lecture de la puissance instantanée la nuit, tout appareil éteint hors froid alimentaire, donne aussi un ordre de grandeur du « talon » dont la VMC fait partie.

VMCventilationéconomies d'énergieconsommation

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  • Un poêle à granulés n'est pas autonome de l'électricité : résistance d'allumage, vis sans fin et ventilateur d'extraction en dépendent tous les trois.
  • L'ADEME mesure une consommation électrique moyenne de 87 kWh par an sur un panel de six appareils en conditions réelles, soit environ 17,4 € au Tarif Bleu Base.
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  • Un aquarium d'eau douce de 200 litres, équipement standard, coûte environ 88 € d'électricité par an, 51 € pour un petit bac de 60 litres, 172 € pour un grand bac de 450 litres.
  • Le chauffage est le poste le plus variable : il dépend de l'écart entre la température de consigne du bac (24-26 °C) et celle de la pièce, donc de la saison et de l'isolation du logement.