Réglementation

ARENH terminé : ce qui a changé pour les offres d’électricité

Depuis janvier 2026, l’ARENH ne fournit plus de nucléaire d’EDF à 42 €/MWh aux fournisseurs alternatifs. Les prix des offres dépendent davantage du marché.

Mains comparant des factures d'électricité près d'un compteur dans un appartement.

L’accès régulé à l’électricité nucléaire historique, ou ARENH, s’est définitivement arrêté le 31 décembre 2025. Pendant 14 ans, ce mécanisme a permis aux fournisseurs alternatifs d’acheter jusqu’à 100 TWh par an d’électricité nucléaire produite par EDF au prix de 42 €/MWh. Depuis le 1er janvier 2026, ce cadre n’existe plus : le coût d’approvisionnement des offres de marché dépend davantage des prix de gros et des contrats conclus par chaque fournisseur.

Ce qui change exactement

L’ARENH était en place depuis 2011. Il donnait aux fournisseurs qui ne produisent pas, ou peu, d’électricité nucléaire la possibilité d’acquérir une partie de l’électricité d’EDF à un prix régulé. Le volume maximal était fixé à 100 TWh par an.

Le prix de référence était de 42 €/MWh, soit 0,042 € par kWh hors taxes. Ce montant était inchangé depuis 2012, à l’exception d’un relèvement ponctuel. Il ne s’agissait pas du prix facturé directement aux particuliers : un fournisseur devait encore ajouter ses coûts commerciaux, l’acheminement de l’électricité, les taxes et sa marge pour construire le prix final de son offre.

L’ARENH apportait toutefois un repère stable dans le coût d’achat de l’électricité des fournisseurs alternatifs. Il jouait donc un rôle de « prix plancher » pour une partie de leur approvisionnement, même lorsque les prix de gros évoluaient fortement.

Cette garantie d’accès à une part du parc nucléaire d’EDF a disparu le 31 décembre 2025. Les contrats d’électricité souscrits par les particuliers ne se sont pas automatiquement arrêtés à cette date. En revanche, les fournisseurs ont dû bâtir leurs grilles tarifaires 2026 sans pouvoir compter sur ce mécanisme régulé.

Le nouveau cadre est le versement nucléaire universel, ou VNU, entré en vigueur le 1er janvier 2026. Son fonctionnement est différent : il ne donne pas aux fournisseurs un droit d’achat de nucléaire à prix fixe. Il prévoit un prélèvement sur certains revenus nucléaires d’EDF, destiné à être reversé aux consommateurs lorsque les prix sont élevés.

Pourquoi

L’ARENH reposait sur une logique d’ouverture à la concurrence. EDF, qui exploite la majeure partie du parc nucléaire français, devait céder une quantité limitée de son électricité à ses concurrents. Ceux-ci pouvaient ainsi proposer des contrats sans devoir acheter toute leur électricité au prix du marché de gros.

Le mécanisme avait donc deux effets distincts. Pour les fournisseurs alternatifs, il sécurisait une part de leur approvisionnement à 42 €/MWh. Pour les clients, il contribuait indirectement à encadrer le prix des offres de marché, sans garantir à lui seul un niveau de facture donné.

La fin de l’ARENH ne signifie pas que tous les fournisseurs achètent désormais leur électricité au jour le jour sur une bourse. Ils peuvent aussi recourir à des contrats conclus à l’avance. Mais ils ne bénéficient plus de l’accès régulé aux volumes nucléaires d’EDF à 42 €/MWh. Les écarts entre les offres peuvent donc davantage dépendre de la stratégie d’achat de chaque fournisseur, de la durée de ses contrats et de l’évolution du marché de gros.

Le VNU doit, en théorie, prendre le relais lorsque les revenus nucléaires d’EDF atteignent un niveau élevé. Trois tranches sont prévues : EDF conserve l’intégralité de ses revenus sous 78 €/MWh ; 50 % des revenus compris entre 78 et 110 €/MWh sont captés ; au-delà de 110 €/MWh, le taux de captation atteint 90 %. Les sommes prélevées ont vocation à être redistribuées aux consommateurs.

Pour 2026, ce filet ne joue pas. La CRE estime les revenus nucléaires d’EDF à 65,86 €/MWh, sous le premier seuil de 78 €/MWh. Aucun prélèvement n’est donc déclenché et aucune redistribution liée au VNU n’apparaît sur les factures cette année.

Ce que ça change sur votre facture

La disparition de l’ARENH n’entraîne pas un surcoût identique pour tous les ménages. Il n’existe pas de montant forfaitaire, en euros par an, que l’on puisse attribuer à sa seule extinction. Votre facture dépend d’abord de votre contrat, de son mode d’évolution des prix, de votre consommation et de votre puissance de compteur.

Le repère actuel reste le tarif réglementé de vente. Depuis le 1er août 2026, en option Base avec une puissance de 6 kVA, le Tarif Bleu est fixé à 0,2001 € TTC par kWh et à 190,32 € TTC par an d’abonnement.

À ces tarifs, un foyer consommant 2 400 kWh par an paierait 670,56 € TTC par an : 480,24 € de consommation et 190,32 € d’abonnement. Pour 4 500 kWh annuels, la facture théorique atteint 1 090,77 € TTC. À 8 500 kWh, elle atteint 1 891,17 € TTC. Ces montants servent de repère en option Base 6 kVA ; ils ne mesurent pas l’effet de la fin de l’ARENH.

La hausse moyenne de 2,5 % TTC appliquée au Tarif Bleu le 1er août 2026 ne peut pas non plus être présentée comme la conséquence directe de la fin de l’ARENH. Elle résulte notamment de la hausse du tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, de l’intégration du nouveau mécanisme de capacité et d’une baisse partielle de l’accise sur l’électricité.

Pour les offres indexées sur le Tarif Bleu, les évolutions du tarif réglementé restent le principal repère visible. Pour les offres à prix fixe ou dont les prix sont déterminés selon une autre formule, l’effet de l’après-ARENH dépend des conditions prévues au contrat. Le prix de 42 €/MWh ne peut plus être utilisé comme garantie implicite sur le niveau futur des offres de marché.

Ce que vous pouvez faire

Vérifiez d’abord les deux montants qui composent votre offre : le prix du kWh TTC et l’abonnement TTC. Une remise affichée en pourcentage ne permet pas, à elle seule, de savoir si le contrat est compétitif, surtout si l’abonnement est plus élevé ou si les prix peuvent évoluer selon une formule différente du Tarif Bleu.

Comparez le coût annuel estimé à partir de votre consommation réelle, plutôt que le seul prix du kWh. Pour un logement chauffé à l’électricité, quelques centimes d’écart sur le kWh pèsent davantage que pour un petit logement consommant peu. À l’inverse, un abonnement élevé pénalise davantage les faibles consommations.

Lisez aussi la règle d’évolution des prix : offre fixe pendant une durée donnée, offre indexée sur le Tarif Bleu, ou prix révisable selon une autre référence. La fin de l’ARENH rend cette information plus utile, car le coût d’achat de l’électricité n’est plus partiellement encadré par le tarif régulé de 42 €/MWh.

Ne comptez pas sur une remise liée au VNU en 2026. À la date de publication, le seuil de déclenchement n’est pas atteint selon l’estimation de la CRE. Une baisse future liée à ce mécanisme dépendrait d’une remontée des revenus nucléaires d’EDF au-dessus de 78 €/MWh.

Enfin, changer de fournisseur ne modifie ni les taxes nationales ni le coût d’utilisation du réseau, facturé via le TURPE. La comparaison porte donc surtout sur la fourniture : prix du kWh, abonnement, conditions d’évolution et éventuels services inclus.

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