Mobilité électrique

Leasing social 2026 : 50 000 contrats dès 94 € par mois

Ouvert le 16 juillet, le leasing social 2026 vise 50 000 contrats électriques dès 94 € par mois. Ses 401 M€ viennent des certificats d’économies d’énergie.

Remise de clé devant une voiture électrique près d'un logement social.

Le leasing social pour les voitures électriques a ouvert sa troisième édition le 16 juillet 2026. L’objectif est de financer 50 000 contrats, pour une enveloppe totale de 401 millions d’euros. Vingt modèles sont proposés et les loyers commencent à 94 € par mois. Le point qui change cette année concerne surtout le financement : l’aide ne relève pas du budget de l’État, mais des certificats d’économies d’énergie (CEE). Pour les ménages éligibles, le dispositif peut réduire le coût d’accès à une voiture électrique. Pour tous les clients de l’énergie, il rappelle aussi que les CEE sont financés indirectement par les factures.

Ce qui change exactement

Le dispositif 2026 prévoit 50 000 contrats de location de véhicules électriques. Il s’agit de la troisième édition du leasing social. Les ménages peuvent choisir parmi 20 modèles, avec un loyer affiché à partir de 94 € par mois.

L’aide accordée est plafonnée à 6 500 € dans le cas général. Ce plafond peut atteindre 9 500 € lorsque le véhicule, sa batterie et son moteur sont fabriqués en Europe. Cet écart de 3 000 € vise donc les modèles répondant à cette condition de fabrication européenne.

L’enveloppe annoncée atteint 401 M€. Elle sert à financer l’aide liée aux contrats, avec un objectif de 50 000 dossiers. Ce montant est financé par les CEE et non par le budget général de l’État.

La rapidité de remplissage des précédentes éditions donne un repère utile, sans permettre de prévoir avec certitude la date de clôture 2026. Les 50 000 dossiers de 2024 avaient été écoulés en six semaines. En 2025, le dispositif avait duré environ trois mois. Au 3 août 2026, l’ouverture remonte à trois semaines : la fenêtre est donc encore ouverte, mais le nombre de places restant disponible n’est pas connu à cette date.

Le prix de 94 € par mois est un prix d’appel. Il permet d’identifier le niveau minimal de loyer annoncé parmi les véhicules proposés, mais ne suffit pas à établir le coût total d’un contrat. La durée de location, les conditions kilométriques et les autres clauses doivent être vérifiées pour le véhicule choisi avant toute signature.

Pourquoi

Les certificats d’économies d’énergie sont un mécanisme qui oblige les acteurs vendant de l’énergie à contribuer au financement d’actions réduisant les consommations ou accélérant certains changements d’équipement. Les aides à la rénovation énergétique en constituent l’usage le plus connu. Le leasing social automobile s’ajoute désormais à ces dispositifs financés par les CEE.

Depuis le 1er janvier 2026, la sixième période des CEE est ouverte pour cinq ans, jusqu’au 31 décembre 2030. Son obligation théorique est fixée à 5 250 TWhc et son enveloppe est évaluée à 8 Md€. Le financement du leasing social représente donc une partie de ce système plus large d’aides à la transition énergétique.

La différence avec une subvention budgétaire est concrète. Une dépense du budget de l’État est financée par les recettes et dépenses publiques. Les CEE reposent, eux, sur les entreprises soumises à l’obligation. Leur coût est ensuite répercuté dans les prix facturés aux consommateurs d’énergie. Il ne s’agit pas d’une ligne distincte intitulée « leasing social » sur une facture d’électricité : le coût est intégré au prix global payé par les clients.

Ce mode de financement permet d’afficher une enveloppe de 401 M€ sans inscrire cette somme au budget de l’État. En contrepartie, le coût est diffusé entre les consommateurs d’énergie, y compris ceux qui ne loueront pas de véhicule électrique. C’est un mécanisme de mutualisation : l’aide est concentrée sur les ménages qui obtiennent un contrat, alors que son financement est réparti plus largement.

L’aide renforcée à 9 500 € pour les véhicules, batteries et moteurs fabriqués en Europe ajoute un second objectif : orienter les contrats vers certaines chaînes de fabrication. Pour un candidat, cela signifie qu’un modèle affiché dans la sélection ne donne pas nécessairement accès au même niveau d’aide qu’un autre.

Ce que ça change sur votre facture

Pour un ménage qui décroche un contrat à 94 € par mois, le loyer minimal annoncé équivaut à 1 128 € sur douze mensualités. Ce calcul ne comprend ni le coût de l’électricité nécessaire pour recharger le véhicule, ni les éléments contractuels qui ne sont pas précisés par le seul prix mensuel affiché. Il ne permet donc pas de comparer directement cette location avec l’achat d’un véhicule ou avec un autre contrat de leasing.

Pour un ménage qui ne bénéficie pas du dispositif, l’effet est indirect. Les 401 M€ sont financés par les CEE, lesquels sont répercutés dans les factures d’énergie. Il est toutefois impossible de convertir cette enveloppe en un montant annuel précis par client : aucun montant unitaire de CEE affecté à la facture d’un foyer n’est publié pour le leasing social 2026.

La facture d’électricité dépend déjà de plusieurs composantes : le prix de l’énergie, l’acheminement sur le réseau, les taxes et les coûts intégrés par le fournisseur. Au tarif réglementé de vente, depuis le 1er août 2026, le prix est de 0,2001 € TTC par kWh en option Base 6 kVA, avec un abonnement de 190,32 € par an. Un foyer consommant 4,5 MWh par an en option Base paie ainsi 900,45 € pour ses kWh et 190,32 € d’abonnement, soit 1 090,77 € par an sur cette seule base tarifaire.

Il n’est pas possible d’isoler, dans ces 1 090,77 €, la part attribuable au leasing social. L’effet des CEE est mutualisé avec le financement d’autres aides. Affirmer qu’une facture augmente de quelques euros, ou d’un montant supérieur, à cause de cette seule mesure ne serait donc pas justifié.

Le principal effet financier mesurable pour un bénéficiaire reste l’aide elle-même : jusqu’à 6 500 €, ou jusqu’à 9 500 € sous la condition de fabrication européenne. Pour les autres ménages, il n’y a pas de remise directe ni de compensation spécifique sur la facture d’énergie.

Ce que vous pouvez faire

Si vous êtes intéressé, la première étape consiste à vérifier rapidement les conditions d’accès et les véhicules effectivement disponibles sur le site public dédié. Les éditions précédentes montrent que le contingent peut être absorbé vite : six semaines en 2024 et environ trois mois en 2025. L’ouverture datant du 16 juillet, attendre plusieurs semaines supplémentaires peut réduire les possibilités, sans qu’une date de fin soit connue à ce jour.

Comparez les 20 modèles au-delà du seul loyer d’appel. Un loyer « à partir de 94 € » ne signifie pas que tous les modèles sont proposés à ce niveau. Vérifiez également si le véhicule visé ouvre droit au plafond standard de 6 500 € ou au plafond majoré de 9 500 € lié à la fabrication européenne du véhicule, de la batterie et du moteur.

Avant de signer, demandez le coût total inscrit au contrat sur toute sa durée. Le montant mensuel ne renseigne pas, à lui seul, sur l’ensemble des conditions de location. Il faut notamment lire les clauses relatives à l’usage du véhicule et à la restitution, plutôt que de comparer uniquement les mensualités affichées.

Enfin, prévoyez séparément le budget de recharge. Le leasing social réduit le coût d’accès au véhicule, mais l’électricité consommée pour rouler reste à votre charge. Le montant dépendra de la consommation réelle de la voiture, de la façon dont elle est rechargée et du prix appliqué par votre contrat d’électricité. Aucun coût de recharge standard ne peut être déduit du loyer de 94 € par mois.

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