Réglementation
Chaudières gaz et fioul : la TVA d'installation à 20 %
Depuis le 1er mars 2025, installer une chaudière au gaz ou au fioul est taxé à 20 % au lieu de 10 %. Le coût du chantier augmente pour les foyers concernés.
Depuis le 1er mars 2025, faire installer une chaudière au gaz ou au fioul coûte plus cher fiscalement : la TVA applicable est passée de 10 % à 20 %. Cette hausse ne concerne pas l’entretien courant de l’appareil, qui reste soumis à un taux de 5,5 % ou de 10 % selon la prestation. Pour un ménage qui doit remplacer une chaudière en panne, le changement se chiffre rapidement en centaines d’euros sur un devis. À l’inverse, plusieurs équipements de chauffage ou de ventilation utilisant des énergies renouvelables conservent une TVA à 5,5 %.
Ce qui change exactement
La mesure concerne l’installation d’une chaudière fonctionnant au gaz ou au fioul. Le taux de TVA est de 20 % depuis le 1er mars 2025, contre 10 % auparavant. Le taux de TVA est donc doublé, mais cela ne signifie pas que le prix total du chantier augmente de 10 % : il faut distinguer le montant hors taxe et la facture toutes taxes comprises.
Avec une base de 1 000 € HT, une TVA de 10 % représentait 100 €, soit une facture de 1 100 € TTC. Avec une TVA de 20 %, elle représente 200 €, soit 1 200 € TTC. Le surcoût est donc de 100 € par tranche de 1 000 € HT. Rapporté à l’ancienne facture TTC, le supplément représente 9,09 %.
L’entretien n’est pas placé sous ce taux de 20 % par le seul fait que l’appareil fonctionne au gaz ou au fioul. Il demeure soumis à une TVA de 5,5 % ou de 10 %, selon la nature de l’intervention. Une facture peut donc différencier le traitement fiscal d’un entretien et celui d’un remplacement complet. Le taux applicable doit apparaître sur le devis et sur la facture.
Le taux réduit de 5,5 % est réservé aux équipements cités comme relevant des énergies renouvelables : pompe à chaleur, chaudière à bois ou à granulés, poêle, solaire thermique et VMC double flux. À montant HT égal, l’écart avec une installation taxée à 20 % est conséquent. Sur 1 000 € HT, la TVA est de 55 € à 5,5 %, contre 200 € à 20 %, soit 145 € d’écart TTC.
Pourquoi
Cette évolution fiscale s’inscrit dans le cadre de la directive européenne de 2024 sur la performance énergétique des bâtiments. Celle-ci prévoit l’interdiction de subventionner les chaudières fossiles. La TVA réduite constitue un soutien public au coût des travaux : son retrait pour les chaudières au gaz et au fioul s’insère dans cette orientation.
Le mécanisme est simple pour le particulier : l’État ne modifie pas ici le prix hors taxe affiché par l’installateur, mais augmente la taxe collectée sur l’installation. Deux devis présentant le même prix HT peuvent donc aboutir à des montants TTC très différents selon l’équipement choisi et le taux de TVA applicable.
Cette différence fiscale crée un avantage immédiat pour les équipements éligibles au taux de 5,5 %. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de dire qu’une pompe à chaleur sera moins chère qu’une chaudière au gaz ou au fioul sur l’ensemble du projet. Le prix des appareils, le dimensionnement, les travaux annexes et la consommation future ne sont pas identiques d’un logement à l’autre.
Pour un foyer chauffé au gaz qui envisage une pompe à chaleur, le poste d’énergie bascule aussi vers l’électricité. Au tarif réglementé de vente, en option Base avec une puissance de 6 kVA, le prix est de 0,2001 € TTC par kWh au 1er août 2026, avec un abonnement annuel de 190,32 €. Il est donc impossible de chiffrer une économie annuelle sans connaître la consommation électrique supplémentaire attendue, la puissance souscrite et l’usage réel du chauffage.
Ce que ça change sur votre facture
Le premier effet est visible avant même la mise en service de la chaudière : il figure sur la facture de travaux. Pour un remplacement à 3 000 € HT, l’ancienne TVA à 10 % aurait représenté 300 €, pour un total de 3 300 € TTC. Avec une TVA à 20 %, elle atteint 600 €, soit 3 600 € TTC. Le surcoût fiscal est de 300 €.
Pour une base de 5 000 € HT, l’écart entre les deux taux atteint 500 € : 5 500 € TTC avec 10 % de TVA, contre 6 000 € TTC avec 20 %. Ce sont des calculs de TVA à montant HT identique, et non des prix moyens de remplacement de chaudière. Le devis réel peut être inférieur ou supérieur selon l’appareil et les travaux nécessaires.
La comparaison avec un équipement bénéficiant du taux de 5,5 % accentue l’écart. Sur une base de 3 000 € HT, une TVA à 5,5 % représente 165 €, contre 600 € pour une installation taxée à 20 %. L’écart atteint 435 € TTC. Sur 5 000 € HT, il monte à 725 €.
Trois situations doivent être distinguées. Un ménage qui entretient seulement sa chaudière ne subit pas mécaniquement le taux de 20 %, puisque l’entretien reste à un taux réduit de 5,5 % ou 10 %. Un ménage qui remplace une chaudière au gaz ou au fioul paie la hausse dès lors que l’installation est facturée. Enfin, un ménage qui compare plusieurs solutions de chauffage doit intégrer l’écart de TVA au coût d’achat, sans le confondre avec le coût d’énergie sur plusieurs années.
Le basculement vers une pompe à chaleur peut augmenter la consommation d’électricité du logement. Chaque kWh additionnel facturé au tarif réglementé Base de 6 kVA coûte actuellement 0,2001 € TTC, mais le nombre de kWh supplémentaires dépend du logement et de l’équipement retenu. La hausse de TVA sur les chaudières fossiles ne permet donc pas de déduire, à elle seule, le montant de la future facture d’électricité.
Ce que vous pouvez faire
Avant de signer, demandez un devis détaillé en HT et TTC. Vérifiez que le taux de TVA est indiqué séparément pour l’équipement, la pose et les éventuelles prestations d’entretien. Cela permet d’identifier immédiatement la part du surcoût liée au passage de 10 % à 20 %.
Si vous hésitez entre une chaudière au gaz ou au fioul et un équipement utilisant des énergies renouvelables, comparez les devis sur une même base : coût HT, TVA, montant TTC et travaux annexes. Le taux de 5,5 % réduit la facture finale, mais il ne garantit pas que tous les postes du devis relèvent de ce taux. Le périmètre précis des travaux doit être confirmé par l’entreprise.
Pour mesurer l’effet de la TVA sans attendre le devis final, multipliez le montant HT concerné par 10 %. Le résultat correspond au supplément de TVA entre un taux de 10 % et un taux de 20 %. Pour comparer avec un taux à 5,5 %, multipliez cette même base HT par 14,5 % : vous obtenez l’écart de TVA avec une installation taxée à 20 %.
Enfin, si une pompe à chaleur est envisagée, demandez une estimation de consommation électrique annuelle propre au logement. Elle est nécessaire pour mettre en regard le gain fiscal à l’achat et le coût futur d’électricité. Sans cette estimation, comparer uniquement les prix TTC des équipements revient à laisser de côté une part du budget de chauffage.
Pour aller plus loin
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