Nucléaire & production

Nucléaire EDF : 373 TWh en 2025, au plus haut depuis 2019

EDF a produit 373 TWh d’électricité nucléaire en 2025, soit 3,1 % de plus. Une bonne disponibilité, sans baisse automatique des factures pour les ménages.

Centrale nucléaire fumante au bord de la Loire, lignes électriques vers les habitations.

EDF a produit 373 TWh d’électricité d’origine nucléaire en 2025, soit 3,1 % de plus qu’en 2024. C’est son meilleur niveau depuis 2019. Pour les ménages, ce résultat est surtout un signal de disponibilité du système électrique : il réduit le risque de tensions sur l’approvisionnement et de coupures. Il ne déclenche toutefois ni remise automatique, ni baisse du tarif réglementé, ni remboursement sur la facture.

Ce qui change exactement

La production nucléaire d’EDF a atteint 373 TWh sur l’ensemble de 2025. La cible révisée se situait entre 365 et 375 TWh : le résultat final entre donc dans cette fourchette, à 2 TWh de sa limite haute.

Ce niveau intervient après une période où le parc a été davantage disponible. Entre octobre 2025 et avril 2026, EDF a compté 49 réacteurs en production, contre 46 sur la période comparable de l’année précédente. La disponibilité du parc atteignait environ 89 % à la mi-2026.

Ces chiffres ne signifient pas que tous les réacteurs ont fonctionné sans interruption. Un réacteur est régulièrement arrêté pour le rechargement du combustible, les contrôles réglementaires, les travaux ou la maintenance. Mais un plus grand nombre de réacteurs simultanément en production permet de générer davantage d’électricité nucléaire sur l’année.

Le niveau de 2025 ne devrait pas être reproduit automatiquement en 2026 et en 2027. EDF prévoit une production comprise entre 350 et 370 TWh pour chacune de ces deux années. La baisse anticipée est liée au programme de maintenance : les quatrièmes visites décennales des réacteurs de 900 MW doivent s’achever, tandis que celles du palier de 1 300 MW commencent en 2026.

À plus long terme, EDF vise 400 TWh de production nucléaire en 2030. Cet objectif repose notamment sur une augmentation de puissance programmée pour 11 réacteurs de 900 MWe. Il s’agit d’une cible industrielle : elle ne fixe pas, à elle seule, le prix facturé aux particuliers.

Pourquoi

La production nucléaire dépend principalement du nombre de réacteurs disponibles, de leur puissance et de la durée de leurs arrêts. Lorsqu’un réacteur est en visite décennale ou en maintenance, il ne produit pas, ou moins. Une succession d’arrêts peut donc faire baisser la production annuelle, même si la demande d’électricité des ménages reste stable.

Les opérations prévues en 2026 expliquent ainsi l’écart entre le bilan favorable de 2025 et la prévision plus basse pour 2026-2027. La fin des visites décennales sur le parc de 900 MW ne signifie pas la fin des grands arrêts : le démarrage de celles des réacteurs de 1 300 MW prend le relais.

Pour le réseau électrique, une bonne disponibilité du parc nucléaire limite les tensions d’approvisionnement. Elle réduit le risque que la France doive faire face à une situation de manque de production pendant les périodes de forte consommation. C’est le principal effet concret du niveau de 373 TWh pour les consommateurs : davantage de sécurité d’alimentation, sans garantie absolue contre tout incident local ou toute perturbation du réseau.

Le lien avec les prix reste indirect. Depuis le 1er janvier 2026, l’ARENH a disparu. Ce dispositif permettait aux fournisseurs alternatifs d’acheter jusqu’à 100 TWh par an d’électricité nucléaire d’EDF à 42 €/MWh. Désormais, une hausse de la production nucléaire ne se transforme pas mécaniquement en baisse du prix du kWh pour les clients.

Le versement nucléaire universel, qui doit redistribuer une partie des revenus nucléaires d’EDF lorsque ceux-ci dépassent certains seuils, ne joue pas en 2026. La CRE estime les revenus nucléaires à 65,86 €/MWh, sous le premier seuil de 78 €/MWh. Il n’y a donc ni prélèvement sur EDF ni redistribution aux consommateurs cette année.

EDF a par ailleurs revu sa rentabilité 2026 à la baisse, en raison des canicules et de prix de marché bas. Cette situation pourrait peser dans de futures discussions tarifaires, mais aucun effet chiffré sur les factures des particuliers n’est connu à la date de publication.

Ce que ça change sur votre facture

Le gain immédiat sur la facture est nul : le chiffre de 373 TWh ne modifie pas les tarifs appliqués depuis le 1er août 2026. Au tarif réglementé de vente, le prix en option Base avec une puissance de 6 kVA est de 0,2001 € TTC par kWh, avec un abonnement de 190,32 € TTC par an.

Pour donner un ordre de grandeur, hors changement de puissance ou d’option tarifaire, cela représente :

  • 690,57 € TTC par an pour 2 500 kWh consommés ;
  • 1 090,77 € TTC par an pour 4 500 kWh consommés ;
  • 1 791,12 € TTC par an pour 8 000 kWh consommés.

Ces montants sont calculés avec le prix du kWh et l’abonnement actuellement applicables en option Base 6 kVA. Ils ne baissent pas parce que la production nucléaire de l’année précédente a été élevée.

Le tarif réglementé a au contraire augmenté de 2,5 % TTC en moyenne au 1er août 2026. Cette évolution vient notamment du tarif d’acheminement sur les réseaux et du nouveau mécanisme de capacité. La petite baisse de l’accise, passée à 30,62 €/MWh, a seulement limité une partie de cette hausse.

Une production nucléaire élevée peut éviter un contexte défavorable de tensions sur l’électricité, mais elle ne constitue pas une réduction tarifaire. Le prix payé dépend aussi des coûts de réseau, des taxes, des mécanismes de capacité et des conditions prévues dans le contrat du client.

Ce que vous pouvez faire

Vérifiez d’abord le type de prix prévu par votre contrat. Au Tarif Bleu ou dans une offre indexée sur le tarif réglementé, les évolutions du TRV sont répercutées selon les modalités de l’offre. Dans une offre à prix fixe, le prix ne change pas nécessairement avec le tarif réglementé pendant la durée d’engagement annoncée par le fournisseur.

Ne changez pas de contrat uniquement en réaction au chiffre de 373 TWh. Cette production ne donne droit à aucun rabais individuel et ne permet pas de prévoir, à elle seule, le prochain mouvement tarifaire. Comparez plutôt le prix du kWh TTC, le montant de l’abonnement, la durée de validité des prix et les règles d’évolution indiquées dans les conditions contractuelles.

Pour estimer votre dépense annuelle, relevez votre consommation réelle sur votre facture ou dans votre espace client, puis multipliez-la par le prix du kWh de votre option. Ajoutez l’abonnement annuel. Cette méthode permet de mesurer concrètement l’effet d’une hausse ou d’une baisse de tarif, ce que le niveau de production nucléaire ne permet pas de faire directement.

Enfin, la bonne disponibilité du parc est plutôt un élément rassurant pour la continuité d’alimentation. Elle ne remplace pas les gestes qui réduisent réellement la facture : consommer moins de kWh, choisir une puissance adaptée à ses besoins et utiliser les heures creuses lorsqu’elles sont réellement avantageuses pour ses équipements.

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