Nucléaire & production

EPR de Flamanville : arrêt de 350 jours dès septembre 2026

Après avoir atteint 1 669 MW le 14 décembre 2025, l’EPR de Flamanville doit s’arrêter 350 jours le 26 septembre 2026. Pas d’effet tarifaire chiffrable.

Centrale de Flamanville vue du littoral, équipe marchant vers la maintenance.

L’EPR de Flamanville a atteint 100 % de puissance le 14 décembre 2025 à 11h37, avec une production à pleine charge de 1 669 MW. Cette étape intervient douze ans après le calendrier initial. Le réacteur ne restera toutefois pas disponible sans interruption : EDF programme un arrêt de 350 jours à compter du 26 septembre 2026, pour sa première visite complète et le changement du couvercle de cuve. Pour l’hiver 2026-2027, cela signifie environ 1 600 MW de capacité nucléaire en moins pendant près d’un an. Ce retrait n’est pas une nouvelle taxe ni une ligne supplémentaire sur une facture d’électricité.

Ce qui change exactement

Le 14 décembre 2025 marque l’atteinte de la pleine puissance pour Flamanville 3. La puissance annoncée, 1 669 MW, correspond à la capacité du réacteur lorsqu’il fonctionne à pleine charge. Cette donnée s’exprime en mégawatts, ou MW : elle mesure une puissance disponible à un instant donné.

La prochaine échéance est fixée au 26 septembre 2026. À cette date, le réacteur doit être arrêté pour 350 jours. L’opération annoncée comprend deux volets : la première visite complète de l’installation et le changement du couvercle de cuve. La durée annoncée représente près d’une année sans production de ce réacteur.

La capacité retirée des perspectives électriques est présentée comme étant d’environ 1 600 MW. L’écart avec les 1 669 MW atteints à pleine charge vient du fait que les deux chiffres ne décrivent pas exactement le même indicateur : le premier est une puissance de production observée à 100 %, le second est l’ordre de grandeur de la capacité qui ne sera pas disponible pendant l’arrêt.

Il ne faut pas confondre Flamanville 3, désormais entré dans sa phase d’exploitation, avec le programme EPR2 envisagé pour de futurs réacteurs. Début février 2025, la Cour des comptes estimait que la France était « loin d’être prête » pour ce programme et recommandait de repousser la décision finale d’investissement. Cette alerte sur l’EPR2 ne modifie pas le calendrier annoncé pour l’arrêt de Flamanville 3.

Pourquoi cet arrêt compte pour le système électrique

L’arrêt du 26 septembre 2026 est programmé. Il ne s’agit donc pas d’une indisponibilité imprévue annoncée à la dernière minute, mais d’une période de maintenance et d’intervention prévue dans le calendrier du réacteur. Pendant ces 350 jours, les quelque 1 600 MW concernés ne pourront pas contribuer à l’électricité disponible sur le réseau.

Une puissance de 1 600 MW ne se traduit pas directement en consommation annuelle de ménages. Un MW décrit une capacité instantanée, alors qu’une facture porte sur des kilowattheures, ou kWh, effectivement consommés au fil de l’année. Pour passer de l’un à l’autre, il faudrait notamment connaître la durée et le niveau réel de production, données qui ne sont pas fournies pour cet arrêt.

L’enjeu se situe surtout dans les perspectives de l’hiver 2026-2027. Lorsque la consommation est élevée, chaque moyen de production disponible compte davantage pour l’équilibre du système. Le retrait temporaire de Flamanville devra donc être intégré aux prévisions de disponibilité nucléaire pour cette période.

Ce contexte intervient après la fin de l’ARENH, le 31 décembre 2025. Ce mécanisme permettait aux fournisseurs alternatifs d’acheter une partie de l’électricité nucléaire d’EDF à 42 €/MWh. Depuis le 1er janvier 2026, il a été remplacé par le versement nucléaire universel. Mais ce dispositif ne redistribue rien sur les factures en 2026 : la CRE estime les revenus nucléaires à 65,86 €/MWh, sous le premier seuil de déclenchement fixé à 78 €/MWh.

Autrement dit, davantage ou moins de production nucléaire ne crée pas automatiquement une réduction ou une majoration visible sur la facture d’un particulier. Le lien entre la disponibilité d’un réacteur, les prix de marché et le prix payé par un client dépend du cadre tarifaire ou de l’offre souscrite.

Ce que ça change sur votre facture

Aucun montant en euros ne peut être attribué à ce seul arrêt de 350 jours. Les dates, la durée de l’arrêt et les 1 600 MW de capacité temporairement indisponible ne suffisent pas à calculer un surcoût par foyer. Il serait faux de multiplier cette puissance par une consommation domestique ou d’en déduire une hausse automatique du prix du kWh.

Au 1er août 2026, un particulier au tarif réglementé en option Base avec une puissance de 6 kVA paie 0,2001 €/kWh TTC, ainsi que 190,32 € TTC d’abonnement annuel. Ces prix constituent la référence concrète pour la facture actuelle. L’arrêt programmé de Flamanville n’ajoute pas, en tant que tel, une ligne intitulée « EPR » sur les factures.

Pour un profil de consommation de 4,5 MWh par an, la hausse du tarif réglementé appliquée le 1er août 2026 représente 26 € TTC par an. Cette évolution de +2,5 % TTC est liée à la hausse du tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, à l’intégration du nouveau mécanisme de capacité et à une baisse de l’accise qui a limité la hausse. Aucune part de ces 26 € ne peut être attribuée à l’arrêt de Flamanville prévu fin septembre.

Le mécanisme de capacité concerne bien l’hiver 2026-2027 : sa première enchère, organisée le 6 juillet 2026, est sortie à 28 183 €/MW. Toutefois, le prix effectivement répercuté dans les offres dépend de règles de plafonnement et de dérogations. Il n’est donc pas possible de relier mécaniquement les 1 600 MW temporairement retirés par Flamanville à un montant précis sur une facture individuelle.

Le point à retenir est plus simple : un retrait nucléaire de cette ampleur peut peser dans les conditions électriques de l’hiver, mais il ne permet pas aujourd’hui d’annoncer une hausse de facture de quelques euros, de plusieurs dizaines d’euros ou davantage. Le montant exact n’est pas connu à la date de publication.

Ce que vous pouvez faire

Pour votre budget, le réflexe utile est de suivre votre consommation réelle et le prix prévu par votre contrat, plutôt que de tenter d’estimer l’effet d’un arrêt de centrale sur votre propre facture. La puissance de Flamanville est une donnée nationale ; votre facture dépend d’abord des kWh que vous consommez, de l’abonnement et de la formule tarifaire appliquée par votre fournisseur.

Si vous êtes au tarif réglementé, gardez comme repère le prix de 0,2001 €/kWh TTC en option Base 6 kVA depuis le 1er août 2026. Si votre offre est indexée sur le tarif réglementé, vérifiez les conditions prévues par le contrat lors des évolutions tarifaires. Une éventuelle variation ne devra pas être interprétée automatiquement comme la conséquence directe de l’arrêt de Flamanville.

Les clients en heures pleines-heures creuses disposent aussi d’un levier plus concret que l’évolution de la production nucléaire : adapter les usages aux nouveaux créneaux lorsqu’Enedis notifie un changement. La réforme des heures creuses déplace progressivement des plages vers l’après-midi, entre 11 heures et 17 heures, tout en conservant au moins cinq heures consécutives la nuit. Reprogrammer un ballon d’eau chaude, certains appareils électroménagers ou la recharge d’un véhicule électrique peut éviter de consommer en heures pleines.

Enfin, aucun changement de fournisseur ne peut modifier le calendrier de l’arrêt de Flamanville ni restaurer les 1 600 MW temporairement indisponibles. En cas d’évolution de votre facture pendant l’hiver 2026-2027, vérifiez séparément le prix du kWh, l’abonnement, votre consommation et les horaires d’usage : ce sont les éléments qui permettent d’identifier un surcoût réel.

epr flamanvillenucléaireedfprix électricitéhiver 2026-2027

Dans la même rubrique

Centrale nucléaire fumante au bord de la Loire, lignes électriques vers les habitations.
Nucléaire & production

Nucléaire EDF : 373 TWh en 2025, au plus haut depuis 2019

EDF a produit 373 TWh d’électricité nucléaire en 2025, soit 3,1 % de plus. Une bonne disponibilité, sans baisse automatique des factures pour les ménages.

Pour un client au TRV Base 6 kVA, la production 2025 ne modifie ni le prix de 0,2001 €/kWh ni l’abonnement de 190,32 €/an : l’économie immédiate est de 0 €.

Mains comparant des factures d'électricité près d'un compteur dans un appartement.
Réglementation

ARENH terminé : ce qui a changé pour les offres d’électricité

Depuis janvier 2026, l’ARENH ne fournit plus de nucléaire d’EDF à 42 €/MWh aux fournisseurs alternatifs. Les prix des offres dépendent davantage du marché.

Pour un foyer au Tarif Bleu Base 6 kVA consommant 4 500 kWh, la facture actuelle atteint 1 090,77 € TTC par an, mais aucune hausse ou baisse précise ne peut être attribuée à la seule fin de l’ARENH.

Éoliennes marines lointaines observées depuis un cap normand venteux.
Renouvelables

Éolien en mer : l'AO10 lance 10 GW, offres au 12 octobre

AO10 éolien en mer : 11 projets totalisant environ 10 GW sont en concurrence. Les offres doivent être déposées avant le 12 octobre 2026 à midi au plus tard.

Aucune hausse ou baisse identifiable ne s'applique aujourd'hui à votre facture : sans prix d'attribution ni modalités de financement arrêtées, l'effet futur de l'AO10 ne peut pas être chiffré en euros par ménage.