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Optimiser sa puissance souscrite en professionnel

Réduisez le coût d’accès au réseau sans coupure : analysez votre courbe de charge, calculez le seuil de dépassement et préparez un passage en HTA serein.

13 min de lecture Mis à jour le La rédaction ÉlectricitéPasCher
Responsable observant une courbe de charge devant un tableau électrique industriel.

Optimiser votre puissance souscrite consiste à choisir le plus petit niveau de kVA qui couvre votre activité normale, sans payer en permanence pour quelques pointes évitables. La consommation annuelle en kWh ne suffit pas : une usine, un commerce ou un entrepôt peut consommer peu d’énergie sur l’année tout en appelant une très forte puissance pendant quelques minutes.

La méthode fiable repose sur au moins 12 mois de courbe de charge, sur l’analyse des dépassements déjà facturés et sur un test économique : économie d’abonnement d’un côté, coût attendu des dépassements, du délestage et des arrêts de production de l’autre. Baisser la puissance « au feeling » est l’une des fausses économies les plus fréquentes.

Comprendre ce que vous achetez : des kVA, pas des kWh

La puissance souscrite est la puissance apparente maximale que vous réservez sur le réseau. Elle s’exprime en kVA. L’énergie réellement consommée s’exprime en kWh ou en MWh. Les deux sont liées, mais elles répondent à deux questions très différentes :

  • les kWh mesurent ce que votre site a consommé sur une période ;
  • les kVA déterminent la capacité électrique que le réseau doit pouvoir vous fournir à un instant donné ;
  • le prix de l’énergie dépend notamment des MWh achetés et de votre contrat de fourniture ;
  • le coût d’accès au réseau intègre une composante liée à la puissance réservée et, selon le raccordement, aux dépassements observés.

Deux sites consommant chacun 200 MWh par an peuvent donc avoir des besoins de puissance opposés :

Profil d’activitéConsommation annuelleHeures de fonctionnementPuissance moyenne théoriqueRisque de pointe
Entrepôt fonctionnant 5 000 h/an200 MWh5 000 h40 kWModéré si les charges sont étalées
Atelier concentrant son activité200 MWh2 500 h80 kWÉlevé si machines, compresseurs et chauffage démarrent ensemble

Cette puissance moyenne ne remplace pas la mesure réelle. Une pointe de 120 kVA peut se produire avec une moyenne annuelle de 40 kW. C’est précisément la raison pour laquelle la lecture de la courbe de charge est prioritaire.

kW, kVA et facteur de puissance : le piège du cos φ

Vos équipements industriels, moteurs, variateurs, transformateurs, groupes frigorifiques ou dispositifs d’éclairage peuvent consommer de la puissance réactive. Le réseau voit alors une puissance apparente supérieure à la puissance active utile.

Dans une situation simplifiée :

Puissance apparente en kVA = puissance active en kW / cos φ

Un équipement appelant 70 kW avec un cos φ de 0,80 mobilise donc 87,5 kVA. À cos φ de 0,95, les mêmes 70 kW représentent environ 73,7 kVA. Avant d’augmenter un abonnement, vérifiez donc le facteur de puissance, les condensateurs existants, les réglages des variateurs et l’état des batteries de compensation.

La correction du réactif peut être rentable, mais elle ne remplace pas une étude : une batterie de condensateurs mal dimensionnée peut créer des surtensions, des résonances ou une surcompensation, notamment sur un site équipé de variateurs de vitesse.

Lire une courbe de charge comme un acheteur d’énergie

Votre courbe de charge doit idéalement couvrir 12 mois glissants, afin d’inclure la saison de chauffe, les périodes de production haute et basse, les congés, les maintenances et les épisodes climatiques. Pour certains sites saisonniers, une année complète ne suffit même pas : il faut intégrer les campagnes exceptionnelles, les ouvertures prolongées ou les pics liés à un contrat client particulier.

La plupart des sites équipés de compteurs communicants peuvent récupérer des historiques de puissance à pas demi-horaire ou selon le pas de mesure prévu au contrat. Pour les puissances élevées et les raccordements HTA, les informations de comptage peuvent être plus fines. Utilisez toujours le pas réellement retenu pour la facturation des dépassements : une moyenne horaire peut masquer une pointe pénalisante sur un quart d’heure.

Les cinq indicateurs à extraire

Ne regardez pas seulement la valeur maximale annuelle. Elle est souvent causée par un incident isolé, un redémarrage après coupure ou une erreur d’exploitation. Extrayez plutôt les indicateurs suivants :

  1. La puissance maximale appelée : elle révèle le pire épisode, mais ne doit pas décider seule de la puissance souscrite.
  2. Le percentile 99 ou 99,5 % : il indique la puissance rarement dépassée et évite de surdimensionner pour une anomalie unique.
  3. Le nombre de dépassements : une pointe unique n’a pas la même signification que 40 dépassements répartis sur l’année.
  4. La durée et l’horaire des pointes : un dépassement de quelques minutes au démarrage d’un compresseur ne se traite pas comme une surcharge de deux heures chaque matin.
  5. L’origine opérationnelle : production, chauffage, recharge de véhicules, froid, air comprimé, cuisson, serveur informatique, pompe, ventilation ou démarrage simultané.

Classez ensuite les 50 à 100 plus fortes périodes de puissance. Pour chacune, identifiez ce qui fonctionnait. Sans cette étape, vous savez qu’il y a une pointe, mais pas si elle est nécessaire, évitable ou simplement accidentelle.

Repérer les faux pics et les vrais besoins

Un pic peut être légitime : une ligne de production doit peut-être tourner à pleine charge pendant une campagne courte et rentable. Dans ce cas, réduire la puissance souscrite pour économiser quelques centaines d’euros peut coûter beaucoup plus cher en ralentissement de production.

À l’inverse, les situations suivantes sont souvent corrigeables :

  • démarrage simultané de plusieurs équipements après une fermeture ;
  • recharge de flotte électrique lancée à l’arrivée des véhicules ;
  • chauffage, eau chaude et cuisson activés à la même heure ;
  • compresseur d’air en marche alors que les machines sont arrêtées ;
  • groupe froid qui repart en même temps qu’un cycle de dégivrage ;
  • mauvais équilibrage des phases sur une installation triphasée ;
  • consigne de délestage absente, inactive ou réglée au-dessus de la puissance souscrite.

Une économie durable vient généralement de la suppression de ces coïncidences. Elle ne vient pas d’un simple changement administratif de kVA.

Dépassements : coupure, surcoût ou pénalité selon le raccordement

Le traitement d’un dépassement n’est pas identique pour tous les professionnels. Il dépend de votre niveau de puissance, du type de raccordement, du compteur, du contrat d’accès au réseau et des options tarifaires retenues.

Jusqu’à 36 kVA : le risque principal est souvent la coupure

Pour un site raccordé en basse tension avec une puissance jusqu’à 36 kVA, une puissance souscrite trop faible se traduit généralement par une limitation ou une coupure lorsque le seuil est dépassé. Dans un commerce, un restaurant ou un petit atelier, l’impact peut être immédiat : caisse indisponible, froid arrêté, cuisson interrompue, informatique redémarrée, perte de marchandise ou arrêt de production.

Le bon réflexe n’est pas de remonter automatiquement de plusieurs paliers. Commencez par mesurer la puissance au moment de la coupure et vérifiez :

  • les appareils démarrant ensemble ;
  • la répartition des charges entre les phases ;
  • l’appel de courant au démarrage ;
  • le paramétrage du délesteur ;
  • l’état du disjoncteur et du tableau électrique ;
  • la possibilité de décaler les usages non prioritaires.

Au-delà de 36 kVA : les dépassements peuvent devenir facturés

En BT supérieure à 36 kVA et en HTA, le dépassement de puissance n’est pas une amende uniforme exprimée dans un tarif national unique. Le mode de calcul dépend du contrat d’accès au réseau, des périodes tarifaires, de la puissance souscrite sur chacune de ces périodes et des règles de facturation applicables à votre point de livraison.

Ne retenez donc pas une règle trouvée sur internet du type « un dépassement coûte X euros par kVA ». Elle peut être fausse pour votre site. Relevez plutôt sur vos factures les lignes relatives :

  • à la puissance souscrite ;
  • aux dépassements de puissance ;
  • à l’acheminement ;
  • aux différentes périodes temporelles lorsqu’elles existent ;
  • aux éventuelles puissances souscrites distinctes selon la saison ou la plage horaire.

Un dépassement peut aussi avoir un coût non visible sur la facture électrique : déclenchement d’une protection, rupture d’un cycle industriel, usure d’un groupe électrogène de secours, intervention de maintenance ou indisponibilité d’un équipement critique.

Depuis le 1er août 2026, le TURPE HTA-BT a progressé de 3,04 % HT. Cela renforce l’intérêt d’éliminer les kVA inutiles, sans changer la logique de fond : une puissance souscrite doit couvrir votre besoin réel et maîtrisé.

Arbitrer entre abonnement et dépassements avec un calcul simple

La puissance optimale est celle qui minimise le coût global annuel, pas celle qui affiche l’abonnement le plus bas.

Utilisez cette formule :

Gain net annuel = économie d’abonnement - coût attendu des dépassements - coût du délestage - coût des pertes d’exploitation

L’économie d’abonnement se calcule à partir de la différence de puissance et du coût marginal annuel par kVA visible sur votre facture ou votre proposition de contrat. Les autres postes doivent être estimés à partir de l’historique réel, pas à partir d’une hypothèse optimiste.

Exemple pédagogique : atelier de maintenance raccordé en BT > 36 kVA

Les montants ci-dessous sont des hypothèses de calcul, pas un tarif Enedis ni une offre de fourniture. Ils montrent la méthode à appliquer avec les montants de votre propre contrat.

Un atelier consomme 240 000 kWh par an. Son prix d’énergie contractuel fictif est de 100 €/MWh HT, soit une ligne énergie annuelle de 24 000 € HT. Cette ligne ne change pas beaucoup avec la puissance souscrite : le sujet est ici le coût de réseau et des pointes.

La courbe de charge montre :

  • puissance souscrite actuelle : 120 kVA ;
  • puissance maximale annuelle : 116 kVA, atteinte une seule fois après un redémarrage général ;
  • puissance observée sur 99 % des pas de mesure : 105 kVA ou moins ;
  • quatre dépassements historiques évitables, pour 184 € HT au total ;
  • économie affichée sur la facture en passant de 120 à 108 kVA : 432 € HT par an.
ScénarioÉconomie d’abonnementCoût annuel de dépassement estiméCoût du pilotageGain net HT annuel
Conserver 120 kVA0 €0 €0 €0 €
Passer à 108 kVA sans action432 €460 €0 €-28 €
Passer à 108 kVA avec délestage432 €80 €120 €232 €

Le passage direct à 108 kVA est une mauvaise décision si les dépassements futurs sont estimés à 460 € par an. Avec un délesteur qui bloque temporairement la recharge des véhicules, le chauffage électrique d’appoint et certains usages non essentiels, le même abaissement devient rentable à hauteur de 232 € HT par an.

Les chiffres doivent être comparés HT si votre entreprise récupère la TVA. Depuis le 1er août 2025, la TVA est de 20 % sur la totalité de la facture d’électricité, y compris l’abonnement, l’acheminement, la CTA et l’accise. Si votre structure ne récupère pas totalement la TVA, arbitrez en TTC ou selon votre taux réel de récupération.

Effacement et délestage : deux outils différents

Le délestage et l’effacement sont souvent confondus. Ils peuvent se compléter, mais ils ne répondent pas exactement au même objectif.

Le délestage protège votre puissance souscrite

Le délestage coupe ou réduit automatiquement des usages non prioritaires quand la puissance du site approche un seuil fixé. Son objectif est d’éviter une coupure générale ou un dépassement coûteux.

Un bon système de délestage hiérarchise les charges :

  1. sécurité, informatique critique, process sensible et éclairage réglementaire ;
  2. équipements dont l’arrêt court est tolérable ;
  3. charges reportables : bornes de recharge, chauffage d’appoint, ballon d’eau chaude, ventilation secondaire, production de glace ou certains cycles de froid ;
  4. charges facultatives ou temporaires.

Le seuil de délestage doit être inférieur à la puissance souscrite. Attendre d’atteindre exactement la limite est risqué : le temps de mesure, la réaction du système, les appels de courant et les redémarrages peuvent suffire à provoquer le dépassement.

Le piège classique est l’effet rebond. Si tous les équipements redémarrent en même temps après le délestage, vous recréez une pointe. Programmez des remises en service séquencées et imposez un délai minimal entre deux redémarrages.

L’effacement peut apporter un revenu, avec des contraintes

L’effacement consiste à réduire volontairement et temporairement votre consommation à la demande d’un agrégateur, d’un fournisseur ou d’un mécanisme de flexibilité. Il peut générer une rémunération, mais ce revenu n’est jamais garanti sans analyser les règles de disponibilité, de mesure, de référence de consommation et les pénalités prévues.

Avant de signer, vérifiez notamment :

  • la puissance effaçable réellement disponible en kW ou kVA ;
  • la durée maximale et le nombre de sollicitations ;
  • le préavis de déclenchement ;
  • les périodes d’indisponibilité admises ;
  • la méthode de calcul de la performance ;
  • la rémunération fixe, variable et les pénalités ;
  • le coût d’une baisse de production ou d’un redémarrage de process.

Une batterie peut aider à écrêter une pointe, mais elle ne crée pas d’énergie gratuite. Il faut intégrer son coût, sa puissance délivrable, son état de charge au moment du pic, ses pertes, son vieillissement et la disponibilité de l’onduleur.

Préparer le passage de BT > 36 kVA à HTA

Dépasser 36 kVA ne signifie pas automatiquement qu’il faut passer en HTA. Un site peut rester raccordé en basse tension au-delà de ce seuil. Le choix du niveau de tension dépend de la puissance demandée, de l’état du réseau local, de la distance au réseau, des contraintes de raccordement, de la qualité de tension attendue et de l’évolution future du site.

L’HTA devient un sujet sérieux lorsque votre puissance augmente durablement, que vos pointes deviennent structurelles ou que votre activité exige une meilleure maîtrise de l’alimentation électrique. Le passage implique généralement un poste de livraison, un transformateur, des cellules HTA, des protections, des études de sélectivité, des obligations d’exploitation et un plan de maintenance.

Ce qui peut justifier l’HTA

  • augmentation durable de la puissance appelée ;
  • extension de bâtiment, nouvelle ligne de production ou électrification d’une flotte ;
  • besoin de plusieurs puissances selon les périodes tarifaires ;
  • contraintes de qualité ou de continuité d’alimentation ;
  • coût BT > 36 kVA devenu défavorable après comparaison complète ;
  • possibilité de mutualiser le projet avec une restructuration électrique déjà prévue.

Ce qui rend le projet non rentable

L’HTA n’est pas une option tarifaire que vous activez par simple changement de contrat. Les coûts à prendre en compte sont nombreux : raccordement, études, génie civil, poste de transformation, protections, maintenance, pertes du transformateur, assurance, contrôles, financement, coupure de bascule et éventuelle adaptation de l’installation intérieure.

Comparez les scénarios sur 10 à 15 ans, pas seulement sur une année :

Coût total HTA = investissement annualisé + maintenance + pertes + acheminement + fourniture + coût du risque

Coût total BT = adaptation BT + acheminement + fourniture + dépassements résiduels + coût des coupures

Demandez une étude de raccordement au gestionnaire de réseau avant d’engager des travaux internes. Une estimation commerciale fondée uniquement sur votre puissance actuelle ne suffit pas : le coût dépend fortement des capacités du réseau à proximité de votre site.

Marche à suivre : décider sans surpayer ni fragiliser votre site

  1. Récupérez 12 mois de courbe de charge et vos factures d’électricité détaillées. Isolez les lignes d’acheminement, de puissance souscrite et de dépassement.
  2. Classez les 50 plus fortes pointes : date, durée, puissance, activité en cours, météo, équipements démarrés et caractère évitable ou non.
  3. Calculez trois niveaux de puissance : le niveau actuel, le niveau couvrant 99 % de votre activité et le niveau minimum techniquement envisageable avec délestage.
  4. Chiffrez chaque scénario HT avec le coût réel par kVA de votre facture, les dépassements historiques, les dépassements projetés et le coût de vos arrêts de production.
  5. Corrigez les pointes évitables avant de modifier le contrat : échelonnement des démarrages, délestage, correction du cos φ, pilotage de recharge, programmation du froid ou du chauffage.
  6. Testez l’abaissement en conditions réelles, si votre installation et votre contrat le permettent, pendant une période représentative de l’activité. Surveillez les coupures, alertes, dépassements et effets rebond.
  7. Lancez une étude BT > 36 kVA versus HTA si votre besoin de puissance augmente durablement ou si l’extension de votre site est déjà programmée.

La meilleure puissance souscrite n’est pas celle qui élimine tout dépassement à n’importe quel prix. C’est celle qui laisse une marge de sécurité raisonnable, maîtrise les pointes répétitives et protège les usages qui font réellement vivre votre activité.

Optimiser la puissance souscrite d’un site professionnel

Méthode de décision fondée sur les pointes réellement appelées, les dépassements facturés et le coût opérationnel des solutions de pilotage.

  1. Réunir les historiques

    Récupérez 12 mois de courbe de charge et de factures. Identifiez la puissance souscrite, les périodes tarifaires éventuelles et les montants de dépassement.

  2. Analyser les pointes

    Classez les 50 à 100 périodes les plus puissantes. Associez chaque pointe à une activité, un équipement, un démarrage simultané ou un événement exceptionnel.

  3. Définir les charges prioritaires

    Séparez les équipements critiques, reportables et facultatifs. Vérifiez ce qui peut être décalé sans risque de sécurité, de perte de production ou de dégradation de marchandises.

  4. Construire les scénarios

    Comparez la puissance actuelle avec un ou deux niveaux inférieurs. Chiffrez pour chacun l’économie d’abonnement, les dépassements attendus, le délestage, les pertes d’exploitation et la maintenance.

  5. Corriger les pointes évitables

    Installez ou réglez le délestage, séquencez les démarrages, pilotez les charges flexibles et faites vérifier le facteur de puissance avant toute baisse contractuelle.

  6. Décider et surveiller

    Modifiez la puissance seulement après validation économique. Contrôlez ensuite les pointes, les alertes et les dépassements pendant une période représentative de l’activité.

Questions fréquentes

Comment connaître la puissance souscrite de mon entreprise ?

Votre puissance souscrite figure sur votre facture d’électricité, dans la partie liée à l’acheminement ou aux caractéristiques du point de livraison. Elle est exprimée en kVA. Pour une analyse utile, relevez aussi les éventuelles puissances souscrites par période tarifaire, les dépassements facturés et le type de raccordement : BT jusqu’à 36 kVA, BT supérieure à 36 kVA ou HTA.

La puissance affichée sur une facture ne dit pas si elle est adaptée. Il faut la comparer à votre courbe de charge sur au moins 12 mois.

Puis-je réduire ma puissance souscrite sans risque ?

Oui, si vos pics sont réellement inférieurs au nouveau seuil ou si un délestage fiable traite les pointes évitables. Réduire sans analyser les démarrages simultanés, le chauffage, le froid, la recharge de véhicules ou les moteurs peut provoquer des coupures ou des dépassements plus coûteux que l’économie obtenue.

Conservez une marge adaptée aux charges critiques et testez le réglage pendant une période représentative de votre activité, notamment en hiver ou lors des pics de production.

Les dépassements de puissance ont-ils le même prix pour toutes les entreprises ?

Non. Il n’existe pas de prix universel du dépassement applicable à tous les professionnels. Le calcul dépend de votre raccordement, du contrat d’accès au réseau, des puissances souscrites, des périodes temporelles éventuelles et des règles tarifaires applicables à votre point de livraison.

Recherchez sur vos factures les lignes dépassements de puissance, puis reliez-les aux dates et aux puissances observées sur votre courbe de charge. C’est la seule base fiable pour modéliser une baisse de puissance.

Pourquoi mon site dépasse-t-il les kVA alors que ses kW semblent modérés ?

La puissance souscrite est exprimée en kVA, alors que beaucoup d’équipements affichent des kW. Le facteur de puissance, souvent appelé cos φ, fait la différence. Avec un cos φ de 0,80, une charge de 70 kW représente 87,5 kVA.

Les moteurs, compresseurs, variateurs, transformateurs et certains éclairages peuvent dégrader ce facteur. Avant d’augmenter votre abonnement, faites contrôler la puissance réactive et la compensation éventuelle par un professionnel qualifié.

Le délestage réduit-il la consommation électrique annuelle ?

Pas forcément. Un délesteur réduit d’abord la puissance appelée à un instant précis. Il peut couper, moduler ou reporter une charge pour éviter une pointe, une coupure ou un dépassement. L’énergie consommée peut ensuite être reportée à plus tard.

Il réduit réellement les kWh uniquement si les usages supprimés ne sont pas rattrapés, par exemple une consigne de chauffage abaissée durablement ou l’arrêt d’une charge inutile. Son intérêt principal reste la maîtrise des kVA.

Faut-il passer en HTA dès que l’on dépasse 36 kVA ?

Non. Le seuil de 36 kVA marque une évolution importante du cadre de raccordement et de facturation, mais un site peut rester en basse tension au-delà. Le passage en HTA dépend de la puissance durablement demandée, du réseau disponible, des travaux nécessaires, de la trajectoire de croissance et du coût complet du projet.

Comparez BT et HTA sur 10 à 15 ans, en intégrant le poste de transformation, les protections, la maintenance, les pertes, les travaux et les risques d’exploitation.

Quel historique faut-il analyser avant de changer de puissance ?

Analysez au minimum 12 mois de courbe de charge et de factures. Cette durée permet d’intégrer l’hiver, les périodes de forte activité, les fermetures, les congés et les événements exceptionnels. Pour une entreprise saisonnière, ajoutez les campagnes particulières ou les années atypiques.

Ne vous contentez pas de la pointe maximale. Étudiez sa date, sa durée, le nombre de répétitions et les équipements qui fonctionnaient. Une pointe unique après coupure générale ne justifie pas toujours un abonnement élevé toute l’année.

Dois-je calculer mon optimisation HT ou TTC ?

Une entreprise qui récupère intégralement la TVA compare généralement les scénarios HT. Une structure qui ne récupère pas totalement la TVA doit raisonner en TTC ou selon son taux réel de récupération.

Depuis le 1er août 2025, la TVA est de 20 % sur l’ensemble de la facture d’électricité : abonnement, acheminement, CTA, accise et consommation. Ne calculez donc pas l’abonnement avec une TVA réduite de 5,5 %, qui ne s’applique plus.

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